Les représentations de la femme dans le cinéma amazigh en débat à Agadir

Les représentations de la femme dans le cinéma amazigh en débat à Agadir

Actrices, réalisatrices et productrices témoignent de leurs expériences et livrent leurs regards croisés

Soulever des idées, des concepts et des questions autour de l’image de la femme dans le cinéma amazigh, tel est l’objectif principal du colloque «Les représentations de la femme dans le cinéma amazigh : expériences et regards croisés», prévu le 5 octobre 2019 à Agadir. Organisée par l’Association Issouraf pour le 7ème art, en partenariat avec le Centre cinématographique marocain, la commune urbaine d’Agadir et le Centre Souss-Massa pour le développement culturel, cette rencontre annuelle est une occasion pour approcher la question des représentations de la femme dans le cinéma amazigh. «Il est très important de rappeler le parcours des «comédiennes» ou des actrices autodidactes qui ont beaucoup contribué à l’émergence de ce cinéma depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui. En accumulant des expériences, elles adoptent leurs propres méthodes dans la matière de jeu et de l’interprétation, la diversification des rôles et des personnages», expliquent à ce sujet les initiateurs en ajoutant que «leur parcours mutuel qui va de l’art de spectacle, à l’instar du théâtre, aux histoires audiovisuelles filmées leur a permis aussi d’acquérir de multiples compétences pour inspirer et influencer à la fois le récit filmique et le public «local» qui ne cesse, souvent, d’associer les noms des personnages célèbres aux acteurs-actrices qui l’incarnent».

A cet effet, cette rencontre connaîtra la participation de plusieurs témoins issus du monde du cinéma amazigh. Elles sont actrices, productrices et réalisatrices invitées à aborder leurs expériences et livrer leurs regards croisés sur la perception de la femme dans le cinéma. Il s’agit en effet de Fatima Bouchan, Sadia Abakil, Zahia Zahiri, Karima Moukharij, Fatima Bikourkar, Amina Achaoui, l’actrice Tounarouz, Fatima Ikhra et Khadija Sakarine. De même, cette rencontre sera marquée par la participation d’un comité scientifique. L’ensemble, selon les initiateurs, est convié à aborder plusieurs questions et thématiques telles que «Les figures de la femme dans le cinéma amazigh entre le thème et l’écriture filmique», «Quelle réception pour les personnages féminins dans le cinéma amazigh ? », «Peut-on parler d’un discours «féministe» à part entière dans le cinéma amazigh ? Si oui, comment se manifeste-t-il?».

Ceci étant, il faut dire que les actrices du cinéma amazigh sont également «obsédées» par des questions de l’espace, du temps, de l’homme et de la langue amazighs qui arborent leur mode de vie et véhiculent leur culture. Elles essayent d’interpréter et de montrer cela dans les films et les pièces de théâtre qui leur avaient été confiés par un metteur en scène ou un réalisateur. D’autre part, la présence de la femme ou des personnages féminins dans le récit filmique amazigh fait généralement l’objet d’analyse, de lecture et d’interprétation grâce non seulement aux multiples figures proposées par les cinéastes, mais aussi à l’intérêt et l’importance des thèmes liés à cette présence. On y trouve par exemple : la vie de la famille, la cruauté, le travail domestique, la possession, la propriété des biens, la sorcellerie, les pratiques légendaires, l’amour et la religion. Bien que peu de femmes se soient lancées dans la réalisation des films amazighs, elles n’ont pas eu un impact évident sur la filmographie marocaine en général, à l’exception de Fatima Boubekdi qui a réussi une écriture filmique qui associe plusieurs formes culturelles et linguistiques, notamment dans ses séries et ses films télévisuels qui ont marqué la production dramatique de la télé marocaine.

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