«Queen of earth»: Voyage vers les profondeurs de l’âme

«Queen of earth»: Voyage vers les profondeurs de l’âme

 Disait le célèbre critique américain Roger Erbert. «Queen of earth», d’Alex Ross Perry incarne parfaitement cette vision du cinéma. Le film, sorti fin août aux Etats-Unis et jeudi dernier en France, fait d’une histoire anodine, voire monotone, l’un des plus beaux thrillers de l’année.

Catherine (Elizabeth Moss de Mad man) passe quelque temps dans une maison de campagne, près d’un lac, en compagnie de son amie d’enfance, Virginia (Katherine Waterstone). La relation entre les deux jeunes femmes ne tarde pas à s’effriter à mesure que l’état psychique de Catherine se dégrade. Queen of earth explore, en fait, la complexité des émotions humaines, à travers l’inquiétante descente aux enfers d’une femme.

Qualifié d’«amèrement drôle» par de nombreux critiques, le dernier Alex Ross Perry vous attirera dans un sombre univers de paranoïa et d’anxiété, une aubaine pour les amateurs de drames et de thrillers. Le film se déroule dans un seul endroit, avec de nombreux flash-back vers un passé plus clément.
Entre monologues et close-ups, l’intensité du film ne faiblit quasiment pas durant les 90 minutes qu’il dure, centrée autour de la performance profondément émotionnelle d’Elizabeth Moss, «comme vous ne l’avez jamais vu», prévenait déjà la bande annonce. Difficile de ne pas s’arrêter sur le jeu de cette jeune actrice dont le talent vient enfin d’être révélé. La transformation de son personnage, Catherine, à travers le film, d’une tristesse pathétique, à une euphorie hystérique est indéniablement ce que cache Queen of earth de plus mémorable. Après «Listen up, Philip», dernier film en date d’Alex Ross Perry, où Elizabeth Moss joue le rôle relativement effacé de la petite amie du personnage principal, Queen of earth apparaît comme une suite logique, qui fait justice à l’actrice et explore, dans le fond, un personnage plus ou moins similaire.  

Par moment aux frontières du film d’horreur, Queen of earth rappelle vaguement «Persona», le chef-d’œuvre d’Ingmar Bergman, avec, quelque part, un air troublant de Roman Polanski. Ces comparaisons restent toutefois risquées. Sans faire d’injustice à ce film, il faut dire qu’il lui manque la profondeur de ces œuvres mémorables des années 60 et 70. Il laisse finalement l’impression d’une diabolisation gratuite des personnages. Quoi qu’il en soit, Queen of earth d’Alex Ross Perry fait partie de ces films qui vous pousseront à vous poser des questions sur la réalité, la raison, la folie, le bien, le mal et la fine frontière qui les sépare.

Réalisé par Alex Ross Perry
Avec Elisabeth Moss, Katherine Waterston, Patrick Fugit
Genre : Drame , Thriller
Durée: 1h30

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