Santiago Fillol: «Le cinéma marocain est en train de développer sa façon de vivre la liberté»

Santiago Fillol: «Le cinéma marocain est en train de développer sa façon de vivre la liberté»

Entretien avec Santiago Fillol, scénariste argentin

ALM : Qu’est-ce que cela vous fait de voir le film «Mimosas», projeté mardi en section «coup de cœur» et dont vous avez conçu le scénario, participe au FIFM ?

santiagi-fillolSantiago Fillol : Moi et l’équipe du film sommes très contents d’y participer. Déjà le long-métrage «Mimosas», réalisé par le Franco-espagnol Oliver Laxe, a été complètement fait au Maroc. Et le festival a été une occasion énorme pour l’équipe marocaine de voir le film pour la première fois. C’est une façon de partager le travail.

Quels seraient les points communs entre un scénariste argentin et un autre marocain ? 

Je crois que les Argentins tout comme les Marocains partagent la possibilité de faire des films très forts avec peu d’argent. Pour ma part, je fais valoir le côté malin dans mon travail.

Est-ce que vous avez une idée sur le cinéma marocain ?

Oui. Comme le réalisateur Oliver Laxe a vécu au Maroc pendant dix ans et vu le travail qu’il a fait avec la Cinémathèque de Tanger et du cinéma Rif, nous avons connu pas mal de choses.

Aimeriez-vous collaborer avec des réalisateurs marocains ?

Moi et Oliver aimerions bien continuer ici. Nous sommes très contents des résultats du film «Mimosas» et de son équipe ainsi que du côté humain des Marocains.

Et pourquoi le tournage en Atlas ?

Nous voulions un film d’aventure. D’autant plus que les parcours pour la montagne, ce n’est pas seulement l’Atlas. Il y a aussi un peu de désert et de la neige. Dans l’ensemble, c’est une traversée physique qui est devenue spirituelle. C’est pour cela que nous avons opté pour l’Atlas.

Vous n’avez pas essayé de nouer des relations avec des réalisateurs marocains ?

   

Je ne connais pas vraiment les nouvelles des réalisateurs marocains à part l’un des opérateurs lumière qui est venu à Tanger et des petits cours que j’ai donné à Casablanca et Tanger. Quand même, je sortais avec des réalisateurs. J’ai remarqué une énergie incroyable.

Vous êtes argentin et vous avez conçu un scénario pour un film en dialecte marocain. Comment avez-vous fait pour gérer tout cela ?

J’ai écrit en fait en espagnol avec Oliver Laxe. Puis nous avons fait la traduction du texte. Pendant les répétitions, nous avons commencé à nous adapter à la sensibilité des personnages, notamment ceux principaux qui sont des amis très proches du réalisateur.

Quel serait le cinéma qui intéresse le public argentin en général ?

Tous les types de cinéma. C’est un art qui n’a pas de nationalité. La géographie de l’âme humaine est universelle. Personnellement j’adore tous les cinémas qui révèlent les corps humains.

Si vous écriviez un scénario, à quels réalisateurs vous adresseriez-vous?

Plutôt des réalisatrices comme Claire Danes, Lucrecia Martel, Chantal Akerman si elle était encore en vie.

Quel regard portez-vous sur le cinéma marocain ?

Je pense que c’est un cinéma jeune qui est en train de développer ses histoires, ses passages, sa façon de vivre la liberté. Il est complètement différent de celui européen et occidental. Comme il commence à trouver sa façon de ne pas avoir peur des grands films.

Où est-ce que vous êtes installé ?

Un peu entre l’Argentine et l’Espagne.

Alors quel serait le cinéma qui intéresse les Espagnols ?

Tout comme les Argentins, ils s’intéressent à tous les types de cinéma.

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