Tout part en vrille

Tout part en vrille

C’est du cinoche comme on l’aime. Il n’y a absolument rien à redire sur un opus pareil, complètement disjoncté, fou, sans la moindre limite. C’est que Robert Rodriguez, à qui l’on doit cette saga,  à la fois méchante et esthétique, s’en fiche de suivre les sacro-saints préceptes du politiquement correct en termes de filmage. Ce qui l’intéresse c’est l’outrance, l’exagération, le kitch, le folklore américain, avec ses multiples variations et ses nombreuses composantes. Ici, on ne fait pas du cinéma au rabais. Ici, on s’éclate, on offre du divertissement, on se fait plaisir et on en donne aux aficionados. C’est cela la marque de fabrique de Monsieur Robert Rodriguez, auteur d’un certain El Mariachi.  Bref, pour cet opus, encore un, après plusieurs autres sur les affaires de la cité du péché, nous sommes toujours dans un espace urbain sans lisières où tout peut arriver. Il n’y a plus de justice, tout le monde peut devenir un criminel de haut vol. Mais Johnny, un jeune joueur qui débute dans la vie, qui a une haute idée de lui-même, se met en tête de faire face à la crapule la plus dégueulasse de la ville, le sénateur Roark. En même temps, Dwight McCarthy livre un dernier combat face  à Ava Lord, la femme de ses rêves. Qui est aussi la source de tous ses cauchemars. Il y a aussi Nancy Callahan. Une femme  ravagée par un épisode noir dans sa vie : le suicide de John Hartigan qui s’est donné la mort pour la protéger. Nancy ne vit que pour une seule idée : boire jusqu’à la lie la coupe froide de vengeance. Et tout ce beau monde, survitaminé, va évidemment se retrouver au célèbre Kadie’s Club Pecos de Sin City. Avec une flopée d’acteurs à ramasser à la pelle, c’est du pur bonheur de cinéma. Il n’y a ni message à passer, ni sens caché, ni aucune autre tergiversation sur une quelconque morale à deux sous. Rien que le plaisir de faire tourner les bobines, dans un style  splendide, où l’image prend tout son sens.  Avec des calibres comme Mickey Rourke, Josh Brolin, Ray Liotta, Bruce Willis, Jessica Alba et d’autres qui jouent le jeu, sans prise de tête, «just for the joy of it», comme dirait l’autre.
 

Réalisé par Robert Rodriguez, Frank Miller
Avec Jessica Alba, Josh Brolin, Rosario Dawson, Joseph Gordon-Levitt, Eva Green, Ray Liotta, Mickey Rourke, Bruce Willis

Actuellement en salles au Maroc.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *