«Zin li Fik» : où est la beauté dans ce film ?

«Zin li Fik» : où est la beauté dans ce film ?

Difficile pour Nabil Ayouch de reconquérir le public Marocain. Ce dernier a déjà conçu un avis tranché sur le film «Zin li Fik» à travers les premiers extraits, puis le rush de 3 heures disponible sur les sites Streaming. Le public a déjà pris position dans la polémique.

Le réalisateur est conscient des dégâts. C’est pour cela qu’il a invité les journalistes présents lors de la projection privée de son film mardi 2 juin 2015 à Casablanca, à faire l’énorme effort de vider leur esprit et leur cerveau «de toute l’hystérie et la folie qui ont accompagnées la sortie du film».

Le point fort de «Much loved» (Zin li Fik) résidait dans ce côté imprévisible des héroïnes, ces propos et scènes crus, ces effets de surprises, sortes d’électrochocs destinés à modifier la perception et faire réfléchir. Mais ce sont autant d’éléments grillés par la fuite du film non monté, «une trahison» selon Ayouch.

En effet, cette matière brute qui circule sur le net ne correspond absolument pas à ce que le réalisateur a souhaité transmettre et ce qui est justement contenu dans la version finale et originale du film. Plusieurs scènes tournées n’y figurent pas.

A ce sujet, le réalisateur s’est expliqué : « Lors du tournage, on peut commettre des erreurs, se tromper de voie, on peut aller loin. Le montage final est justement fait pour se rattraper, se corriger». Sauf que Nabil Ayouch a été privé de ce luxe de l’artiste, la subtilité. «Je m’interroge comment sommes nous arriver à cette situation qui me dépasse, j’en dors plus la nuit », a confié le réalisateur. Une parmi plusieurs questions auxquelles Nabil Ayouch devra répondre pour se relever et remettre en cause son approche.  

Toutefois,  ce que propose le film dans sa version finale c’est une immersion dans l’intimité de la vie des professionnels du sexe, une violence ponctuée de douceur et de sensibilité, un regard qui concède à ces femmes objets une humanité, une âme, une mystique, et des miettes de dignité. Il est question de la solitude de ces femmes livrées à elles-mêmes. Elles  vivent à huit clos, tantôt dans leur enfer sur terre, tantôt dans leur paradis artificiel où drogue, homosexualité, pédophilie, injustice et misère les entourent.  Elles vivent face à une société qui les marginalise, face à une autorité qui les domine, les opprime. Malgré tout ceci, elles s’efforcent de rêver et de croire qu’elles conservent, enfouie en elles, une part de beauté que Ayouch aurait voulu donner à voir.

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