Coen, Marion Cotillard et Daniel Day-Lewis, primés

Favori de ces 80e Oscars, «Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme», histoire d’une traque meurtrière, a également raflé la statuette de la meilleure adaptation et a valu à l’Espagnol Javier Bardem le trophée du second rôle masculin pour son rôle de tueur excentrique. Marion Cotillard est entrée dans l’Histoire en remportant un Oscar de la meilleure actrice pour « La môme ». C’est la première fois depuis Simone Signoret en 1960 qu’une Française reçoit la récompense la plus prestigieuse du cinéma. Son rôle d’Edith Piaf lui avait déjà valu un Golden Globe, un César et un Bafta à Londres. «Merci l’amour, merci la vie… C’est vrai qu’il y a des anges dans cette ville de Los Angeles», s’est exclamé en anglais Marion Cotillard, bouleversée, sous les vivats des 3.400 spectateurs du théâtre Kodak dans le quartier historique du 7e art. L’Anglo-irlandais Daniel Day-Lewis est reparti avec le prix du meilleur acteur pour son rôle dans «There will be blood», sa deuxième statuette après celle pour «My left foot» en 1990, tandis que la Britannique Tilda Swinton a remporté l’Oscar du second rôle féminin pour «Michael Clayton».
Il faut remonter à 1965 et aux victoires des Britanniques Peter Ustinov, Rex Harrison et Julie Andrews, ainsi que de la Russe Lila Kedrova, pour trouver un palmarès d’acteurs monopolisé par des Européens. «Michael Clayton» était nommé sept fois. «There will be blood», sélectionné huit fois comme l’oeuvre des Coen, a obtenu, outre l’Oscar de Day-Lewis, celui de la photographie. Le drame romantique «Reviens-moi», qui pouvait espérer sept trophées, se contente de celui de la musique originale. «Juno» sur une adolescente enceinte, la seule comédie retenue dans les catégories les plus prestigieuses en cette année marquée par des films violents ou tragiques, a gagné l’Oscar du meilleur scénario, remis à l’ancienne strip-teaseuse Diablo Cody. «Ratatouille», l’histoire d’un rat voulant devenir chef cuisinier, production des studios Disney et Pixar, a valu à son réalisateur Brad Bird son deuxième Oscar du meilleur film d’animation après «Les indestructibles» en 2005. Côté documentaires, le film «Taxi to the dark side» a été choisi par les électeurs de l’Académie des arts et des sciences du cinéma. L’oeuvre est consacrée à une affaire de torture sur un prisonnier afghan dans une base militaire américaine.
L’Autriche a remporté son premier Oscar du film en langue étrangère grâce au film « Les faussaires » qui raconte la fabrication de fausse monnaie par des prisonniers juifs dans un camp de concentration. Avant la consécration de Marion Cotillard, «La môme» a remporté l’Oscar du maquillage, tandis que le Français Philippe Pollet-Villard a enlevé la statuette du meilleur court métrage grâce au «Mozart des pick-pockets». En terme de nombre de statuettes, «La vengeance dans la peau» avec Matt Damon, arrive deuxième derrière le film des Coen. Il gagne trois Oscars techniques: montage, montage sonore et mixage. Alors que les Oscars avaient échappé de peu à la grève des scénaristes de Hollywood, résolue il y a deux semaines, le défilé du tapis rouge avant la cérémonie s’est déroulé sous une bâche en plastique en raison du mauvais temps. L’Académie, dont le collège électoral est composé de 5.829 professionnels du 7e art, a remis au total des récompenses dans 24 catégories.

• Tangi Quemener (AFP)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *