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Comment reconquérir une nouvelle identité architecturale ?

Comment reconquérir une nouvelle identité architecturale ?

Immeuble A, siège de la commune urbaine, coupole du marché de gros, siège de la poste, marché municipal ou encore l’ancienne Cour d’appel et le mur de souvenirs sont autant de sites qui font partie du patrimoine architectural de la ville d’Agadir. Ces biens architecturaux d’une valeur exceptionnelle et universelle témoignent de la volonté de reconstruction et de la genèse de l’architecture moderne. En effet, ces différentes constructions constituent un patrimoine culturel pour la ville d’Agadir. Elles illustrent la naissance du courant des architectes de la rupture. Un courant architectural qui voit sa naissance au XXème siècle et qui se caractérise par une décoration minimale, des lignes géométriques, le déploiement de nouvelles formes en béton armé. Les architectes de la rupture ont joint, en 1960, leurs efforts à l’initiative de feu SM Mohammed V pour la reconstruction de la ville après un tremblement de terre. Le pari a été relevé et la ville a connu un très grand développement. Cependant, la ville se retrouve aujourd’hui, et plus que jamais, confrontée à plusieurs enjeux. Alors comment concilier entre cette expansion et la préservation de ce patrimoine ? Comment faire face aux dérapages qu’a connus la ville sur le plan architectural ? Et comment donner une identité à la ville ? De ce fait, il faut désormais apporter des solutions globales qui intègrent efficacement les nombreuses contraintes de développement. «On ne peut aujourd’hui parler d’une qualité architecturale sans parler d’une qualité de vie. Cette qualité se manifeste aussi bien dans les espaces publics que sur les espaces privés. Un autre aspect est aussi à prendre en considération. L’objet architectural ne doit pas être pris en tant qu’objet singulier. C’est un objet pluriel qui dégage une expression. Il se manifeste dans le temps et illustre les différentes questions et le développement de l’architecture. On ne peut parler d’une qualité architecturale indépendamment d’une qualité urbaine et paysagère», signale Ouazzi Brahim, architecte. En effet, lorsque la qualité architecturale devient qualité architecturale et urbaine cela implique la naissance d’un nouveau rapport entre la ville, son architecture et le citoyen. Cependant, la question de la qualité architecturale et urbaine reste très compliquée dans la mesure où elle implique plusieurs acteurs. «De manière générale, la ville d’Agadir est une ville de nature moderne. Elle exprime résolument cette ouverture du Maroc sur le monde. De ce fait, la ville a été construite selon un zonage fonctionnel. Elle illustre le courant d’architecture moderne par autant de manifestations : la pureté des lignes, la brutalité et le béton armé. Cependant, la ville a connu une très grande expansion depuis et le monde a assisté dans les années 1980 à la régression du courant de l’architecture moderne qui sera secondée par une architecture libre et chaotique. Dans ce contexte actuel, la question qui se pose aujourd’hui est : quelle identité architecturale pour la ville d’Agadir ? Nous pouvons dire que la ville est dans une période où elle doit reconquérir une nouvelle modernité», explique-t-il. La ville ne peut reconquérir cette nouvelle identité, selon Brahim Ouazzi, que par le biais d’un renouvellement sur elle-même et en passant par la mise en place de projets majeurs d’aménagements urbains qui intègrent une vision dynamique prenant en compte les demandes économiques, culturelles et environnementales. «La reconquête d’une nouvelle identité doit se faire dans un esprit d’ouverture sur la modernité et dans un rattachement aux valeurs et à la culture de la région», explique M. Ouazzi. Comment la ville d’Agadir compte-t-elle faire face à ces défis ? On parle aujourd’hui de la mise en place d’une charte architecturale pour bientôt mais est-ce suffisant pour faire face aux différents dérapages et pour redonner une identité à la ville ? «La charte reste nécessaire mais elle n’est pas suffisante. Elle est nécessaire dans la mesure où elle permettra d’asseoir une nouvelle base de réflexion commune partagée par l’ensemble des acteurs. Cependant, elle doit être également accompagnée d’une tribune qui peut discuter, capter les propositions intelligentes et réaliser de nouvelles expressions», martèle M. Ouazzi. «Il est aujourd’hui primordial de mettre en place des concours annuels sur des thèmes liés à l’architecture au niveau de la région, d’organiser des expositions liées à l’architecture et à l’urbanisme», souligne-t-il. La ville d’Agadir se retrouve aujourd’hui confrontée à l’obligation de mettre en place une vision globale tenant compte des enjeux architecturaux, des ambitions en termes de développement durable et des performances des bâtiments. Cette vision ne peut se faire qu’en engageant un vrai débat regroupant les différents acteurs.

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