«Contessa», pièce chorégraphique de Meryem Jazouli: Un véritable voyage à travers la culture marocaine

«Contessa», pièce chorégraphique de Meryem Jazouli: Un véritable voyage à travers  la culture marocaine

Inspirée de la célèbre Aicha Qandisha, une légende très vivante au Maroc, «Contessa» de Meryem Jazouli est une pièce chorégraphique où le corps se féminise, entouré de mystère, de bruits et de personnages de contes.

Prévue le 27 novembre à l’Institut français de Casablanca, Contessa nous plonge dans les méandres légendaires et traditionnels du Maroc au travers de ses représentations féminines majeures.

Coécrite avec la plasticienne Fatima Mazmouz, cette pièce se présente d’abord comme un véritable voyage à travers la culture marocaine partant d’un univers symboliquement féminin, passant de la femme mystérieuse à la femme animal, de l’ensorceleuse à la prostituée.

«Contessa» est le nom donné à une des plus célèbres légendes de sorcière de la culture marocaine, Aicha Kandisha. C’est de cette figure familière que je me suis inspirée pour ma pièce chorégraphique du même nom.

Pour moi, il s’agissait d’abord d’identifier les aspects subversifs et inquiétants qui pourraient être aujourd’hui les simples représentations du corps dansant et féminin, mais aussi d’avoir une danse nourrie par un univers de conte où d’autres personnages viendraient à leur tour appuyer et souligner cette représentation fantasmagorique, si souvent empreinte d’une réalité brute et animale», explique la danseuse et chorégraphe Meryem Jazouli.

À travers cette création chorégraphique, l’artiste nous emmène à la rencontre de divers personnages émouvants dans leur combat: une Aïcha Qandicha troquant sa terreur contre le charme d’une odalisque alanguie, une Hajja Hamdaouia, qui, débarrassée de son hardiesse, se travestit en une pleureuse dont la mélopée peine à s’entendre.

«Meryem Jazouli prête son corps à toutes ces femmes dont la représentation, souvent caricaturale, est créée, fantasmée et véhiculée par un imaginaire masculin et dont elles restent prisonnières. Au fil de la pièce, le corps de la danseuse se dégage de ses stéréotypes pour donner naissance à son propre corps, à sa vérité et son histoire : une individualité restituée d’abord par l’appropriation de son corps de femme puis dans un second temps par celui de la danseuse à travers notamment la voix qui, dans un jeu subtil, vient ponctuer le dialogue entre un corps absent, un corps d’ombre et son corps réel», écrit Fatima Mazmouz.

Pensée et présentée pour la première fois en 2013, «Contessa» est l’une des œuvres de la chorégraphe Meryem Jazouli, qui est à l’origine de l’Espace Darja, lieu de création et de résidence d’artistes à Casablanca. Après des études de danse à Paris, elle rentre au Maroc. Elle se lance dans l’enseignement, avec plusieurs parenthèses scéniques telles que «Co…incidences», mise en scène par la chorégraphe franco-malienne Fatou Traoré et Smala BB avec la Cie 2kFar.

La danseuse compte plusieurs projets de création, dont le «Temps de chien», pièce écrite pour deux interprètes, «La robe de Tantale», duo coécrit avec la danseuse chorégraphe Mouna Sekkat.
 

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