Coup après coup

En effet, par trois fois, nos Beatles nationaux ont failli se séparer. D’une part il y a eu la mort de Boujemaâ (dit Boujmiî) le 26 octobre 1974 qui a porté un rude coup à nos cinq talentueux chanteurs. Puis il y a eu la maladie et la mort de Batma en 1997.
Atteint d’un cancer, ce dernier a vécu la magouille d’un certain corps médical comme il le raconte dans la deuxième partie de son autobiographie « El alem ». C’est ainsi que l’amertume s’emparera de Larbi, et sa voix mélodieuse sera à jamais condamnée. En dehors du groupe, il était aussi acteur et, écrivain de littérature et de théâtre. Ce qui fera de lui la figure emblématique du groupe. En effet, il a toujours été considéré comme le chouchou du public. Homme secret, il ne quittait jamais son crayon, car il concevait l’écriture comme un art de vivre. Il a ainsi conçu un poème inédit de 21000 vers « Al houmam al houssam ».
Amoureux du mot et de la rime, il flairait et respectait le talent. Le troisième coup qui a menacé de disloquer le groupe est survenu par le départ de Abderrahman Kirouj, en 1998. Aujourd’hui il ne reste plus au sein du groupe que Omar Sayed, 54 ans, le modérateur expérimenté, et Allal Yaâla, 60 ans, la force tranquille. Ils perpétuent l’héritage de leurs anciens compagnons aujourd’hui disparus.
Boujemaâ et Batma ont été remplacés par deux jeunes musiciens, Rachid, frère cadet du deuxième et Redouane qui a rejoint le groupe en 1990. Pour Rachid Batma (le frère de Larbi) il a prouvé qu’il faisait partie du groupe grâce à son sens du rythme et ses qualités vocales ; quant à Rédouane, il porte sur ses épaules la pesante image de Abderrahman Paco. Le groupe renaît autour des deux vétérans Omar et Allal tout en générant des rythmes et des textes différents.
Mais enfouis au coeur de la mémoire, les souvenirs d’un groupe légendaire formés de cinq jeunes révolutionnaires, qui ont donné la vie à un mythe avec une empreinte particulière et une sonorité spéciale « Nass El ghiwane », réduisent l’effort et limitent le choix de « Nass El Ghiwane », nouveau souffle. Comment lifter le groupe sans trahir l’empreinte du mythe ?

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