Crinolines et «bling bling» s’exposent au musée Galliera

Crinoline: le mot évoque des rêves de petites filles, des bals somptueux. Sous le Second Empire les robes à crinoline règnent sans partage, imposant un style parfois tapageur, reflet des transformations de l’époque, comme en témoigne une exposition qui s’est ouvert  samedi à Paris. Sous l’Empire des crinolines (1852-1870)», au musée Galliera jusqu’au 26 avril, propose un voyage dans le temps, au côté de ces femmes du monde et de la bourgeoisie fortunée qui, sous le règne de Napoléon III, ont un rythme de vie effréné, entre bals, réceptions, théâtre, opéra, emplettes dans les grands magasins, récemment créés, organisation de la vie domestique… «La femme doit avoir un nombre d’activités énorme» et «passe d’une occasion à l’autre à une vitesse vertigineuse», explique Catherine Join-Diéterle, directrice du musée Galliera et commissaire de l’exposition. Un rythme en phase avec celui de l’époque, marquée par d’importantes transformations économiques et de grands progrès industriels.
«C’est la période des grandes banques, des fortunes vite faites, de l’extension des chemins de fer», d’une industrie textile qui «rattrape son retard», dit-elle. «La notion de vitesse prend une importance qu’on n’avait pas vue au XVIIIe siècle. La mode est obligée d’en tenir compte». L’exposition, qui rassemble plus de 300 pièces dont plusieurs ayant appartenu à l’impératrice Eugénie, s’ouvre sur un bal, événement essentiel de la vie mondaine. Dans un décor rappelant le salon d’un hôtel particulier, s’accumulent des silhouettes tout en courbes: corsage ajusté sur des épaules rondes, seins arrondis par des coussinets glissés sous l’étoffe, taille étranglée, jupe volumineuse réclamant près de dix mètres de tissu sur des crinolines pouvant atteinte 1,80 mètre de diamètre. La crinoline, qui a fait son entrée dans la mode des 1845, contribue à redessiner le corps.
L’armature métallique ne tarde pas à remplacer la cage en fanons de baleine et connaît un succès immédiat: cinq millions de crinolines sont fabriquées en 1860. Ronde jusqu’en 1861, la crinoline s’aplatit devant et se projette vers l’arrière quelques années plus tard, avant que la demi-crinoline ne s’impose en 1867. L’exposition, non chronologique, montre cette évolution. Les corsages s’ornent de franges, de perles, les jupes de volants, éventuellement bordés non d’un ourlet mais d’un motif gaufré. On porte aussi beaucoup de dentelle, mécanique ou faite main, sur les corsages, les jupes ou en châles. Qui dit bal dit accessoires: éventail plus ou moins précieux, minuscule carnet de bal, petit bouquet, mouchoir, bijoux. Le style du Second Empire est parfois un peu «bling bling» avec des robes «péplum» évoquant les robes antiques, de gros bijoux. Les colorants synthétiques nés des progrès de la chimie donnent naissance à des couleurs qui claquent. Ces dames n’hésitent pas à s’habiller en vert cru, bleu vif, rouge sang, violet…
 Le rythme de vie impose de se changer vite. La même jupe s’accompagne donc de différents corsages, plus ou moins raffinés, qui permettent de passer rapidement d’une tenue du jour à une tenue du soir. Dans le même esprit pratique, les femmes adoptent des «jupes à tirettes» qui se retroussent pour leur permettre de trotter dans Paris, une ombrelle pliante à la main. Le parcours s’achève sur des objets au luxe parfois ostentatoire: bijoux des plus grands joailliers, châles en cachemire, éventails en pierres précieuses, souliers raffinés, parfums et cosmétiques, alors en plein essor.

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