Cyber-mélomanes, à la caisse !

La musique par abonnement vient de faire ses débuts sur Internet. Pour l’équivalant de 10 $ US par mois, les abonnés de RealOne pourront télécharger 100 chansons sur leur ordinateur et en écouter 100 autres en instantané (streaming) dans tous les genres musicaux. Au bout d’un mois, la musique téléchargée sera automatiquement effacée et l’abonné recharger son compte. Cette première opération n’est que le début d’une nouvelle ère de la musique payante sur Internet. L’industrie du disque, largement dominée par les cinq Majors, inaugure ainsi l’ère « post-Napster » avec un modèle payant qui rémunère les droits d’auteurs et qu’elle a directement sous son contrôle. Le célèbre site www.napster.com qui permettait aux internautes de s’échanger gratuitement de la musique a dû fermer ses portes en juillet pour violation des droits d’auteurs. Il essaie depuis de renaître de ses cendres sous une forme payante en capitalisant sur son énorme popularité. Napster avait conquis plus de 60 millions d’utilisateurs en quelques mois, signant l’un des succès les plus fulgurants de l’Internet. Mais de quoi s’agissait-il au juste ? Napster est d’abord un logiciel qui permet à plusieurs ordinateurs connectés sur le web d’échanger des fichiers en se basant sur une nouvelle technologie : P2P (pear to pear), littéralement : égal à égal. À l’opposé du schéma classique client/serveur dans lequel un serveur reçoit les requêtes de plusieurs ordinateurs, le P2P permet à toutes les machines connectées d’être à la fois client et serveur. Napster est en fait le fruit du génie de l’internaute partageur qui souhaite partager librement ses goûts et ses musiques. Il est l’incarnation du « tout gratuit » de la cyber-culture. Mais cette démocratisation avant-gardiste pose beaucoup de problèmes. À commencer chez les musiciens qui restent partagés devant le développement de la démocratisation d’écoute sur le Net. Nombre d’entre eux ont des craintes pour leurs droits de propriété intellectuelle. L’idée de voir leur travail « piqué » et diffusé sur la toile par des rigolos de l’informatique ne leur plaît guère. Ensuite, les grands groupes d’édition musicale se sentaient fortement menacés. Et ils ont fini par gagner leur guerre engagée contre napster. Toujours inquiets des risques de piratage comme de la concurrence du Net qui menacent leurs ventes de CD, ils se sont entourés d’un maximum de précautions pour le lancement des premiers services par abonnement. La musique ne pourra ainsi être écoutée que sur un ordinateur. Il sera impossible de la transférer vers des appareils mobiles tels que baladeurs numériques, ordinateurs de poche ou lecteurs de voiture. Et vous l’aurez deviné : il sera impossible aussi de la graver sur des CD… Mélomanes du web, à la caisse !

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