Daoud Oulad Sayed : «Réaliser un film devient de plus en plus difficile pour moi»

Daoud Oulad Sayed : «Réaliser un film devient de plus en plus difficile pour moi»


ALM: Pourquoi «La mosquée » comme titre à votre nouveau film ?
Daoud Oulad Sayed : La mosquée c’est le sujet du film. Toute la thématique du film tourne autour de ce lieu. En fait, le scénario est une sorte de journal. Après la sortie de mon précédent film «En attendant Pasolini» qui a été tourné à Zagora, je suis revenu à ce village. Ses habitants qui avaient également joué dans mon film devaient me rendre un hommage. Mais une chose m’avait intrigué. Tout le monde était présent à cet hommage à part le propriétaire qui m’avait loué pour un mois le terrain où j’avais tourné.
J’ai fini par savoir que ce dernier était fâché parce que son terrain était toujours occupé par une partie du décor : la mosquée. Comme après chaque fin de tournage, les villageois démolissent tout le décor, mais cette fois, ils avaient omis la mosquée. Cela avait suscité une vraie polémique dans le village. Les uns voulaient démolir la mosquée les autres voulaient l’épargner. C’est un peu cela que raconte ce film.

Les villageois jouent dans ce nouveau film, mais également dans le précédent. Pourquoi ce choix ?
Dans mes films, ces villageois ne sont pas que de simples figurants. Il y en a parmi eux à qui j’ai confié des rôles importants. Pour «En attendant Pasolini», à part Mohamed Majd et Mohamed Bastoui, la plupart des autres acteurs étaient issus de Zagora. J’aime bien ce mélange entre acteurs professionnels et non professionnels, entre le documentaire et la fiction… J’ai montré à des amis quelques séquences du film «la Mosquée » actuellement en plein montage, et il y en a qui m’ont dit qu’il ressemble à un reportage. J’aime bien cela.  

Quelle a été votre démarche pour la réalisation de ce film ?
Ma démarche s’inscrit dans la continuité. J’essaie toujours de trouver la meilleure configuration pour raconter une histoire avec un certain langage cinématographique. Je cherche aussi à être le plus simple possible. Par exemple pour le film « La mosquée », 90% du tournage s’est fait avec un seul objectif.

«La mosquée» est votre cinquième film. Comment voyez-vous votre évolution depuis vos débuts ? 
Au fur et à mesure que je réalise des films, la tâche devient de plus en plus difficile pour moi. Au début, j’avais une attitude naïve, je faisais les choses spontanément. Je me permettais plusieurs expérimentations. Actuellement, avant de faire un film, je réfléchis beaucoup plus et il me faut une longue préparation. Je suis devenu plus perfectionniste. Dès qu’il y a un incident, j’arrête le tournage et reprends dès le début. Je ne laisse pas beaucoup de place au hasard. Et cela peut parfois devenir négatif.

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