Dassault dans le capital du «Figaro»

La famille Dassault et la presse, c’est une longue histoire. Fondateur du groupe spécialisé dans l’aviation militaire, Marcel Dassault, le père de Serge, avait lancé «Jours de France». Il en était lui-même rédacteur en chef et mettait un soin extrême à en sélectionner les photos. En 1997, Serge Dassault avait été l’un des candidats éconduits à la reprise de «L’Express». Serge Dassault s’est fait un nom à l’âge de 61 ans, en prenant en 1986 la présidence du groupe aéronautique fondé par son père Marcel. Il y a montré des talents de gestionnaire et s’est imposé comme infatigable représentant, courant la planète pour vanter «ses» avions Mirage ou Rafale. Aujourd’hui, l’avionneur est devenu l’un des actionnaires de référence du groupe de presse de Robert Hersant. Cette première opération désendettera l’entreprise et devrait lui permettre de racheter les parts de Carlyle dans Figaro Holding.
Le maire RPR de Corbeil-Essonnes et président du Groupe industriel Marcel Dassault (GIMD) entre ainsi au conseil de surveillance du groupe de presse qui contrôle, outre «Le Figaro», une multitude de quotidiens régionaux. Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé par la direction du groupe. Selon le quotidien «Le monde», «le microcosme bruissait de rumeurs d’un réaménagament capitalistique depuis le 22 janvier, date à laquelle Yves de Chaisemartin, PDG du Figaro, avait reporté de plusieurs semaines la tenue du comité de groupe bi-annuel de la Socpresse, en annonçant aux participants l’imminence de certains changements.». Cette thèse est étayée par le fait que depuis des mois, le groupe est très endetté (environ 2,2 milliards de francs), subit de nombreuses pressions politiques et serait très fragile dans son actionnariat.
Finalement, l’accord capitalistique a été scellé mercredi 30 janvier. La famille Hersant conserve les 70 % du capital et donc le contrôle de la société. A titre personnel, Serge Dassault prend la présidence du conseil de surveillance de Figaro Holding, qui chapeaute «Le Figaro», ses suppléments et sa régie publicitaire. C’est une revanche d’autant plus importante que l’avionneur n’avait pas réussi à entrer dans cette structure en 1999.

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