De toutes les couleurs : A la recherche du bonheur perdu

De toutes les couleurs : A la recherche du bonheur perdu

Oui, oui, en peinture, la tendance est à l’abstraction ou à la figuration infidèle. Oui, la mode est à la gamme de couleurs fixe et immuable, à la palette personnalisée pour que l’on reconnaisse le peintre plus facilement. Oui, la tendance est à la matière, à l’épaisseur, au collage et aux effets spéciaux. Oui, l’espace, le vide et la blancheur sont de rigueur. Oui, oui, oui…
Pour séduire la société, l’esprit vif ne manque pas de bonnes recettes. En effet, avec un peu d’observation, d’intelligence et de créativité, on peut facilement «entrer dans le moule» pour plaire.
Mais que faire alors des appels du cœur quand ils sont différents, en avance ou carrément démodés ? Lorsqu’un artiste a très envie -pourquoi pas,  de peindre à la manière de Titien ou de Dali, de Michel-Ange ou de Seurat? Lorsque la technique ou les combinaisons de couleurs qui l’émeuvent ne sont pas à la mode ?
Suivre le courant ou écouter son cœur ?
Le visiteur ne voit que le résultat final, qu’il juge selon sa culture, ses convictions, ses intérêts et ses goûts. Mais pour l’artiste authentique, le bonheur c’est l’exécution, l’amour qu’il offre à sa toile et la satisfaction qu’il en tire. C’est le voyage qui compte car il procure une réelle jouissance ; celle, éphémère mais intense, de la création (à défaut de celle, plus durable et moins intense, du profit) Le bonheur c’est de suivre son cœur sans se soucier du reste. Jongler avec le sérieux et le futile, l’insolite et l’ordinaire, le vulgaire et le sophistiqué en se moquant des conventions, quitte à être décalé.
Peindre en pensant à la manière dont on peut capturer la poétique du moment, au lieu de penser au final, au client. Aime-moi ou quitte-moi. Garde tes sous, ne me donne rien, essaie juste de me lire, si tu veux, si tu en as l’envie. Communique avec mon cœur –pour que je puisse exister. Je ne suis pas un utopique fou, je veux juste rappeler la vérité.
Il y a des artistes qui fascinent par leur imaginaire. Ils saisissent vos sentiments, vous intriguent. Des artistes qui ne fonctionnent pas par «goût» mais par «désir». Et puis, il y en a d’autres qui n’arrivent pas à déjouer l’ennui de la conformité. Incapables de se débarrasser du réel, souvent lourd tout en étant dérisoire et insensé, ils combinent les imaginaires de plusieurs artistes connus pour en fabriquer un qui plait. Le résultat paraît nouveau mais ses éléments sont vieux.
Nous oublions parfois que l’art est un moyen d’expression avant d’être du business. Que les galeries sont des lieux d’échange, de business et de culture avant que certaines ne se transforment en de simples épiceries ! Que lorsque l’art est authentique, même naïf ou déplaisant, il reste noble !
Il y a le milieu, la société, et puis il y a l’intérieur, l’individu. En extrayant ce qu’il y a de particulier en chaque individu, on fabrique une société intéressante. Autrement, c’est la pagaille.

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