De toutes les couleurs : Glorieuse indépendance

De toutes les couleurs : Glorieuse indépendance

Chaque artiste rêve d’être indépendant. Généralement, les artistes sont incapables d’exécuter un travail sur commande. Ils préfèrent créer de manière spontanée, libre et indépendante. Autrement, ils auraient accepté un travail classique contre rémunération et s’assurer une certaine sécurité.
Mais souvent, à cause de problèmes financiers, certains acceptent de travailler pour des businessmen de l’art. Des gens qui font des affaires et gagnent de l’argent de manière tout à fait légitime dans le domaine de l’art.
Avec un peu de chance, ils tombent sur des businessmen qui, en plus de l’argent, aiment l’art. Des gens qui sont capables de prendre quelques risques avec et pour les artistes. Qui croient en leur originalité et œuvrent pour les aider à évoluer paisiblement à l’abri du besoin et des hasards de la vie ! Ce genre de collaboration n’est pas nécessairement une mauvaise chose, tant que personne ne se met à leur dicter ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire pour arriver à réaliser des profits.
Mais s’ils tombent sur des purs businessmen, pour qui des œuvres d’art ou des pommes de terre sont pareilles du moment qu’elles apportent de l’argent, alors le risque de détruire son image, voire sa créativité et son art, est grand. Dès que les œuvres cessent d’être rentables, dès que le businessman sent qu’il n’arrive plus à défendre le travail de l’artiste, alors quel que soit le potentiel culturel et artistique des œuvres, il le laisse tomber et en cherche un autre. Quelqu’un de plus frais, de différent. Quelqu’un d’obéissant. Quelqu’un capable de mieux s’adapter aux besoins du marché de l’art. Une sorte d’artisan de l’art peut-être.
Mais le mieux, c’est quand on a le privilège d’être à l’abri du besoin. L’artiste qui n’attend pas de profit immédiat de ses œuvres, est roi. Il est libre de créer. Comme un oiseau qui chante sans se soucier de ceux qui, éventuellement, l’écoutent. Un artiste qui n’écoute que son propre intérieur. Qui évite d’être esclave de son entourage ! Un artiste qui ne doit rien à personne. Partout où le vent le prend, il voyage comme un visiteur, sans maître.
L’art dépend de la liberté. Quand on est libre, on peut créer, et ce pouvoir de créer est, à mon sens, la plus grande de toutes les libertés !
Cela me fait penser à cette chanson de George Brassens où il dit à peu près ceci : «Voici ma chanson, si tu la veux, je la sors dare-dare, si tu ne la veux pas, je la remets dans ma guitare»…
Etre libre de dire au monde entier qui on est. Développer des idées au lieu de débuter avec un style ou en suivant un courant. Car commencer par un style c’est l’emprisonnement. La vraie liberté commence par des idées.
Matisse disait qu’un artiste ne devrait jamais être prisonnier d’une manière, prisonnier d’une réputation ou prisonnier du succès…
N’en faire qu’à sa tête, sans engagements ni obligations !

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