De toutes les couleurs : La danse du ventre

De toutes les couleurs : La danse du ventre

Danse du ventre ! Franchement, on ne pouvait pas trouver un nom aussi peu adapté à la plus sensuelle des danses féminines !
Au Moyen-Orient, on l’appelle généralement «danse orientale» et quelques fois «danse baladi» comme au Liban par exemple.
Mais bon, c’est ainsi… Ce terme «danse du ventre» est une création «orientaliste». Ce sont les Anglais qui l’ont donné à la danse orientale (en anglais : belly dance) durant l’ère de la colonisation au Moyen-Orient. Il a été utilisé pour la première fois vers la fin du 19ème siècle, puis traduit plus tard en français par «danse du ventre». Pourtant il n’y a pas que le ventre qui danse, c’est tout l’être de la féminité qui se met en évidence pour nous rappeler sa beauté, sa sensualité et nous imposer son pouvoir, sa suprématie dans le domaine de la séduction. Vous savez, en matière de féminité, généralement les femmes anglophones ne sont pas des références – je parle en connaissance de cause ! N’est-ce pas des Américaines du Nord qui ont initié les mouvements féministes les plus radicaux – ceux qui recommandent l’égalité parfaite entre les hommes et les femmes, reniant quelquefois jusqu’aux différences les plus naturelles? Mais bon, cela dit, j’avoue que j’exagère un peu car beaucoup d’Américaines du Nord commencent à s’y intéresser, et de plus en plus depuis quelques années, pour le plus grand bonheur de leurs compatriotes masculins.
A mon avis, et ce n’est pas ce qu’il y a de plus objectif, la danse orientale est la plus sensuelle et la plus envoûtante de toutes. C’est celle qui met la féminité le plus en valeur ! Bien sûr il y a, par exemple, le tango ou la salsa aussi où la féminité triomphe, mais dans les deux cas, la présence d’une tâche beaucoup plus rigide et moins féminine (l’homme qui dirige la danse) vient légèrement perturber le spectacle. En danse orientale, personne ne dirige la femme, elle est libre de créer, d’imaginer, de visualiser, de séduire, d’allécher…
En analysant une danse, on peut y voir beaucoup plus de suggestions et de mystères qu’on ne pense. Inconsciemment peut-être, l’intensité des sentiments et la volupté que la danse orientale procure, enveloppent l’homme et le fait s’oublier un instant pour ne vivre que l’instant présent. «Il n’est que la volupté qui retienne tout l’homme dans le présent», a dit Bernard Grasset.
Alors rendez-vous compte ! C’est finalement une des femmes les plus brimées de la terre qui aura inventé la danse la plus suggestive, la plus osée. N’est-ce pas intrigant ? Elle a intelligemment, à travers les âges, trouvé le moyen de passer outre toutes les limites excessives qui lui étaient imposées par l’homme oriental, pour pousser la volupté à son paroxysme. Et c’est aussi cela le pouvoir de l’art ; passer outre les us les plus rigides et contribuer à libérer les mœurs. Atteindre la jouissance interdite par le biais de l’art. L’art,  cet éternel bienfaiteur de l’humanité.

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