De toutes les couleurs : Le papier nous emballera

De toutes les couleurs : Le papier nous emballera

Pourtant nos voisins immédiats, les Européens, s’y intéressent depuis déjà plusieurs siècles (ils connaissent la gravure depuis le 15ème siècle!).
On dirait que nous ignorons ou que nous sous-estimons encore les multiples qualités artistiques surprenantes du papier ! C’est vrai que, contrairement à l’art calligraphique qui est très ancien chez nous, la peinture figurative ou non, est plutôt jeune et c’est peut-être pour cela que le goût du papier nous soit encore un peu étrange…
Pourtant, ce magnifique support a été présent sous nos yeux depuis près de huit siècles –bien avant l’Europe donc.
Comme vous le savez probablement déjà, les toutes premières traces de l’existence du papier ont été découvertes dans l’ancienne Egypte, il y a plus de 5000 ans (papyrus), et que le papier d’aspect plus proche de celui que nous connaissons maintenant existe depuis au moins 18 siècles en Chine. Les Chinois l’auraient utilisé comme alternative à la soie qu’ils exportaient massivement durant ce qui est communément appelé l’âge d’or de ce peuple. Et depuis le 19e siècle, quand sa production s’est automatisée, le papier est devenu accessible à une large population et devenu donc le vecteur principal de l’échange d’information que nous connaissons aujourd’hui (journaux, livres, œuvres…). Mais alors, pourquoi est-ce que le monde musulman, qui a beaucoup utilisé le papier et l’a introduit en Europe où il est produit depuis le 12e siècle, n’a-t-il rien développé de mémorable dans les techniques de gravure et d’estampe ?
Les gens, qui ont à la fois le goût et les moyens, semblent ignorer les qualités uniques des estampes originales. On semble même ignorer jusqu’à l’appellation «originale», dont la définition a été adoptée par le Comité international de la gravure en 1937 déjà :
«Sont considérées comme gravures, estampes et lithographies originales, les épreuves tirées en noir ou en couleurs, d’une ou plusieurs planches, entièrement conçues et exécutées à la main par le même artiste, quelle que soit la technique employée, à l’exclusion de tous procédés mécaniques ou photomécaniques». Le papier est très riche, il permet d’utiliser de multiples procédés, tels que le monotype, la lithographie, la linogravure, la xylographie, le pochoir, la pointe sèche, l’eau forte… Il peut être teinté, dessiné à la cire ou à l’encre, en filigrane, sculpté ou plié…
Bref, les possibilités sont quasi-infinies !
Je pense que nous sommes au tout début d’une nouvelle aventure : celle qui commence en ajoutant l’œuvre sur papier à notre menu culturel national. Au Maroc, nous sommes progressivement en train de nous emballer pour le papier, et je suis sûr que si vous n’êtes pas encore un adepte de ses nombreuses possibilités, ce dernier finira bientôt par vous emballer !

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