De toutes les couleurs : Les noms d’artistes

De toutes les couleurs : Les noms d’artistes

Théoriquement, c’est la qualité des œuvres qui fait les bons artistes. Mais il arrive souvent qu’un nom de famille ne soit pas bien adapté. Cela dépend des contextes. Je pense qu’il y a trois types de noms d’artistes, les beaux-noms qui peuvent aider, les noms ordinaires dont l’effet est neutre, et puis les noms inadaptés qui peuvent représenter un handicap comme le cas, par exemple, d’un artiste expatrié dont le nom est imprononçable pour les locaux. Ou un nom simplement trop laid. Ou encore un nom qui devient inapproprié à cause d’un conflit politique ou social. Imaginez, par exemple, un peintre très doué mais qui s’appellerait Oussama benne-basculante aux États-Unis juste après le 11 septembre 2001.
Si le nouveau nom n’aide pas, il permet au moins d’éviter que l’ancien ne soit un handicap. Le changement peut ouvrir de nouvelles portes, de nouvelles possibilités. «Il n’y a pas de problème avec le changement si c’est dans la bonne direction» (Winston Churchill)
Les raisons sont diverses et beaucoup plus d’artistes que vous ne puissiez imaginer choisissent de changer de nom. Il paraît que les artistes japonais empruntent de nouveaux noms à chaque fois qu’ils atteignent un plateau dans leurs carrières.
Le vrai nom de Mark Rothko est Marcus Rothkowitz! Pareil pour Pablo Picasso dont le père est José Ruiz Blasco, professeur d’arts plastiques, et la mère, Maria Picasso y Lopez. Au début, il signait ses tableaux en utilisant à la fois les noms de son père (Ruiz) et de sa mère (Picasso), mais à partir de 1901 il décide d’utiliser uniquement le nom de sa mère (Picasso) pour signer ses œuvres.
Il y a des gens très célèbres par la multitude de noms qu’ils ont empruntés. C’est le cas de l’écrivain portugais Fernando Pessoa (1888-1935) par exemple qui, sous quatre faux-noms, a produit pas moins de 17.000 poèmes, romans et autres travaux! On dit qu’à chaque nom emprunté correspondait un style littéraire différent. Quatre noms en une vie si courte est un exploit !
Cela dit, on n’ose pas toujours le dire mais le fait de changer de nom émane le plus souvent d’un besoin de reconnaissance rapide. Car autrement, même avec le pire des noms qui soient, si la qualité du travail est exceptionnelle, l’histoire s’en rappelle. Pensez au philosophe Nietzsche dont le nom ne contient pas moins de cinq consonnes qui se suivent sans voyelle et dont on accepte le nom grâce à la qualité du travail.
L’autre problème des faux-noms est que les professionnels du marché de l’art ne sauraient pas parler du parcours de l’artiste, des vraies anecdotes ou de sa vraie biographie… J’ai lu l’histoire d’un artiste qui a commencé à peindre dans les années 70 et a aussitôt changé de nom. Aujourd’hui, il regrette le fait que son vrai nom soit associé uniquement à des travaux de débutant exécutés dans les années 70 alors que ses meilleurs travaux sont associés à un nom qui n’est pas le sien.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *