Début du « shampoing » controversé du « David » de Michel-Ange

Tour à tour ironique ou pédagogique, le surintendant aux musées florentins, Antonio Paolucci, et sa consoeur du puissant institut de restauration de l’Opificio delle Pietre Dure, Cristina Acidini, ont défendu le principe et la méthode de l’intervention qui divisent le monde de l’art. Prévu pour durer jusqu’au printemps 2004, le toilettage à l’eau distillée des 20 mètres carrés du chef d’oeuvre sera ouvert au public des 1,2 million de visiteurs qui se pressent chaque année à la Gallerie de l’Accadémie. « Ceux qui s’y connaissent savent que c’est un traitement si délicat qu’on pourrait l’appliquer à une peau de bébé », a affirmé Mme Acidini, en assurant n’avoir nulle intention que le David finisse « rayé comme un zèbre » ou « blanc comme du plâtre ». « Ce n’est pas une restauration mais une opération de manutention totalement couverte par le parapluie de la science », a insisté M. Paolucci, en renvoyant à une liste des 18 instituts ou laboratoires universitaires, italiens et américains, apportant leur caution. Deux films ont été jetés en pâture à la curiosité inévitablement suscitée par la célébrité mondiale de la statue et exacerbée par la pétition lancée au début de l’été par des érudits d’origine anglo-saxonne pour contester l’opération. Répondant à la polémique, le premier film fait dire au David qu' »ils ne savent rien » de lui, « ils ont peut-être peur que je devienne encore plus beau … c’est seulement de la jalousie… tiens, si je me faisais un shampoing! ». Le deuxième film documente les tâches du marbre et les premiers résultats obtenus sur des zones tests par le procédé de nettoyage retenu par l’Opificio. A l’instar d’un masque du visage, un emplâtre humide à base de cellulose et de « sépiolite » sera appliqué par petits carrés de trois à cinq centimètres sur la surface du marbre pendant quinze minutes, dans le but de retirer les impuretés menaçant à terme l’intégrité de la statue. L’ouvrage sera complété à l’aide d’un coton tige.

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