«Dédale en Eden» en représentation

Adam et Eve, un couple qui est à l’origine de l’humanité dans les trois religions monothéistes, est le mythe dont s’est librement inspiré la compagnie gersoise «8 bottes jaunes» pour monter son spectacle «Dédale en Eden». Cette création contemporaine qui allie théâtre, danse et art vidéo met en scène le thème de la rencontre, la rencontre entre deux individus, entre deux cultures, entre un homme et une femme. «Dédale en Eden» sera représentée à la Villa des arts de Rabat samedi 28 juin à 21h, et cela, après une résidence artistique qui a eu lieu du 2 au 18 juin à l’institut français de Casablanca. Durant cette résidence se sont rencontrés les quatre artistes français (vidéastes et comédiens) de la compagnie «8 bottes jaunes» et 4 jeunes artistes marocains. «En 2007, on était venue pour présenter une première version de Dédale en Eden lors de la 19ème édition du FITUC 2007. On y avait alors rencontré deux jeunes musiciens marocains, Abdelmajid Ezzaime et Abderrahman Oubihm. On a sympathisé puis ils ont joué avec nous après des répatitions de 3 jours», indique à ALM Marie Picard, vidéaste de la compagnie. Et d’ajouter : «cette année la préparation a duré 3 semaines. Et nous y avons travaillé avec ces musiciens, des étudiants de l’université Ben M’sik et du conservatoire sur la mise en scène, le jeu d’acteur et la vidéo». Ainsi s’est faite une nouvelle version de ce spectacle qui a été représenté cette année au public marocain le 18 juin à l’institut français de Casablanca et le 21 juin aux locaux de l’école du cirque Shems’y de Salé.
Selon les membres de la compagnie française, Dédale en Eden offre une vision subtile des multiples événements qui composent l’histoire d’une rencontre, d’une relation avec l’autre. Et ce, allant du premier regard, du premier affleurement de bras, de la première discussion, passant par le couple au quotidien, la routine, la disputes, jusqu’à l’essoufflement avant de revenir à ce qui pourrait être une re-rencontre au sein du même couple.
Autant de tableaux narrés où se brouillent les frontières entre les différents moyens artistiques utilisés (vidéo, théâtre, danse, gestuelles, décors, architectures, espaces scéniques…), et où la sensibilité et les réactions du spectateur sont doublement stimulés. «Il s’agit pour nous de rencontrer les gens et de les amener à ce qu’ils se rencontrent», explique Yann Serpieri, scénographe de la compagnie. «Dès que le spectateur rentre au théâtre, on est déjà en scène. On utilise tous les espaces du théâtre. Le spectateur déambule dans une sorte d’exposition interactive où déjà avant le spectacle principal se jouent des performances et des «scènes» de la vie quotidienne», indique-t-il.
Selon David Picard , metteur en scène et acteur du spectacle aux côtés de Zineb Benzekri, «la création «Dédale en Eden» est conçue pour parler de notre temps à un public de notre temps». Ainsi, ce spectacle rompt avec les règles traditionnelles du théâtre où le spectateur reste passif. Après chaque représentation, une collation est partagée avec le public. Durant ce temps, la vidéaste collecte de témoignages auprès des spectateurs. Et d’une représentation à l’autre la diffusion des paroles filmées vient enrichir continuellement le spectacle. Ainsi, la création se fait le reflet des rencontres, débats et questionnements qu’elle a suscités. «Et la vidéo, boîte à souvenir des spectateurs, raisonne dans les représentations à venir», conclut Marie Picard.

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