Dépenses scolaires : Comment les parents s’en sortent-ils ?

Dépenses scolaires : Comment les parents s’en sortent-ils ?

Une succession d’épreuves s’acharne à pourfendre les bourses des familles marocaines. Après les vacances d’été, le Ramadan et l’Aïd, la rentrée scolaire s’impose avec force. Constat général: les dépenses familiales se sont accrues depuis le début de la saison estivale. Conséquence: les budgets font état de ruine pour la majorité des ménages. Ces frais consécutifs constituent un lourd fardeau, principalement, pour les familles à moyen et à faible revenus.
La flambée des prix pousse les chefs de famille à se poser une et unique question : Comment peut-on s’en sortir ? L’interrogation est pertinente. Toutefois, la réponse appropriée doit apporter une solution radicale mais surtout à moindre risque. De ce contexte, il est à l’évidence de cerner la position des parents face à cette circonstance. «Quand on a des enfants en bas âge, il faut se sacrifier. Rien au monde ne vaut le sourire d’un enfant», déclare Saïd, un gérant de magasin d’électroménager. Le cas de Saïd est un peu exceptionnel. Chanceux, ce jeune papa a suffisamment de temps pour se préparer à franchir le cap des parents en «détresse». Son unique fils fera son entrée scolaire dans deux ans. Cependant, la situation est paradoxale pour d’autres familles : «Je suis maman de trois enfants, j’étais obligée d’inscrire ma fille aînée dans un collège public afin que mes jumeaux puissent être dans une école primaire privée. Et ce, pour qu’ils acquièrent les bases de l’enseignement fondamental», annonce Nadia.
Le choix de cette fonctionnaire semble plus au moins assister sa situation économique affaiblie par la conjoncture actuelle. Par contre, cette mère de famille avoue ne pas avoir adopté la bonne résolution. Selon elle, il est difficile d’économiser car d’une façon ou d’une autre les frais ne font qu’augmenter. Par ailleurs, cette augmentation hante Mohamed et son épouse. «L’inflation des prix est concevable. Il nous est difficile d’expliquer aux enfants nos difficultés financières. En même temps, nous sommes incapables de satisfaire tous leurs caprices», affirme-t-il. Et de poursuivre : «Ce n’est pas évident. Un cartable garni d’un écolier de neuf ans peut atteindre jusqu’à 2.500 DH, sans compter les frais d’inscription scolaire ainsi que les dépenses mensuelles».
À l’approche de la rentrée scolaire, la circonstance reste sans commentaire. Pourtant, ce couple a trouvé une issue. «Mon mari et moi avons choisi de venir acheter les fournitures scolaires sans les enfants», ajoute son épouse. Cette solution semble partiellement les soulager, quoi qu’ils s’attendent à un déluge de critiques de la part de leurs deux filles. «Certes, cela va déplaire aux enfants, mais au moins, ça nous évitera de régler une lourde facture», se défend l’épouse. Pour rectifier le tir, ils essayent de concilier prix et tendance. De ce fait, Mohamed dévoile avoir déterminé un petit budget, qui essaye selon lui «de gérer minutieusement sans pour autant tomber dans l’avarice». Établir un budget à l’avance est bien pensé. Savoir le gérer demeure une tâche difficile. Pour leur venir en aide, les établissements bancaires déterminent des prêts spéciaux. «C’est devenu une tendance à laquelle on ne peut pas échapper», souligne Ali. Comme la majorité des ménages marocains, ce Casablancais a eu recours aux crédits. Un moyen efficace contre les tracasseries pécuniaires. Ces prêts viennent au moment opportun pour aider les parents. «Nous avons déboursé énormément d’argent durant les vacances. Pour subvenir aux besoins scolaires de mon fils qui fait son entrée à l’enseignement supérieur, j’ai sollicité un prêt», déclare Ali.La somme octroyée est d’environ 30.000 DH.
La durée du remboursement s’élève, quant à elle, à 36 mois. Ces frais s’accumuleront sur d’autres traites liées à la consommation. «Surendetté, je l’approuve. Cependant je n’ai pas d’autres alternatives», atteste-t-il. Si Ali a choisi les prêts bancaires, certains préfèrent fuir cette option. L’alibi avancé se présente comme suit: «les intérêts sont illicites». Pour répondre à leurs besoins en argent, des ménages ont opté pour un mode à la fois convivial et solidaire. Il s’agit de «daret», une tournante qui tend à présenter des allocations à tour de rôle aux membres participants à cette «association». Ainsi, des sommes hebdomadaires ou mensuelles viennent au secours des bourses au moment de crise en l’occurrence la rentrée scolaire. Après l’école, l’Aïd Adha annonce ses lueurs. Sauvez vos bourses, il est temps d’économiser !

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