Des artistes face au désert

Des artistes face au désert

Vendredi dernier, le 7 avril dans un des pubs de Marrakech, le public regarde attentivement une vidéo montrant des créations artistiques réalisées dans le désert. Ce sont là des œuvres créées dans le cadre du programme «des’art et désert». Un concept artistique lancé par l’importateur exclusif au Maroc de la marque de boisson Absolut Vodka M.Renouveau. Avant de constituer un document visuel destiné à être projeté dans les boîtes de nuit et les pubs du Royaume, «Des’art et desert» est d’abord une aventure artistique.
Une expérience durant laquelle treize artistes peintres triés sur le volet investissent un espace naturel. Un endroit dépourvu de toutes sortes de nuisances, les envahisseurs de la ville en général et qui font sa caractéristique. On l’aura compris, il s’agit bel est bien du désert. Cette étendue de sable doré, où l’air est pur et où il n’existe pas l’ombre d’un obstacle.
C’est plus précisément à Merzouga où ce groupe d’artistes a élu domicile du 24 novembre au 5 décembre 2005. Objectif : donner libre court à leur imagination ou plutôt à leurs créations. Cette étape voit le jour après la sélection rigoureuse du Jury présidé par le critique d’art Moulim Laâroussi et l’artiste peintre Kenza Benjelloun.
Une fois les œuvres choisies, des séminaires permettront selon les organisateurs «de peaufiner les idées, de cerner les concepts, d’étudier leur faisabilité ainsi que les matériaux nécessaires».
Une fois le brief terminé et le concept bien défini, cap sur le désert. Les artistes, accompagnés de leurs encadrants prennent la route de Merzouga. Après dix heures passées dans l’autobus, l’impatience cède la place à l’excitation teintée d’angoisse. Malgré toute la phase de travail en amont. «Les treize artistes sélectionnés se trouvent confrontés à la grandeur des sites désertiques…quelques artistes doutent», souligne les organisateurs. La réalisation des œuvres s’avère être en effet un vrai challenge. L’équipe se doit de défier le vent et les tempêtes de sable.
Ils ont du mal à appréhender des lieux qui leur sont inconnus, insondables. C’est avec l’aide de leurs encadrants qu’ils reprennent confiance en eux.  Du coup, ils sont motivés. Plusieurs idées s’entrecroisent et voient leur aboutissement. Elles sont gravées dans l’étendue saharienne. De pierre et de sable. Les artistes ont, en effet, réalisé des installations, des performances dans deux sites différents. L’un de pierres noires et l’autre de dunes de sable. Des ombres, des personnages, sur des échelles rehaussées par le contre jour. Des bottes de foins éparpillées sur le sol, maison préfabriquée avec du plexiglas, sablier géant, girouettes en papier, échelles en bois plantées ça et là sur le sol, ballons multicolores, montgolfières ou simples dessins géométriques sur du sable en jouant avec des effets de plein et de vide.
C’est ainsi que s’articulent les œuvres des artistes, dont Ahmed Rachidy, Amine El Bekri, Bilal Chrif, M’barek Bouchichi Farah Oubaid, Abderrahim Faridi, Hasnaa Saber. De retour du désert, seuls 1900 clichés photos et une vidéo de 22 heures retracent cette expérience inédite. Les spectateurs n’ont malheureusement pas l’occasion de sentir ces œuvres sur place. Elles sont à présent retransmises par un autre canal: la vidéo. Une autre perception. Pour ne pas dire tout de même un clivage. La tournée «retour du désert» se poursuit jusqu’au 3 décembre prochain dans les havres de nuit.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *