Des bouquets illimités à 800 DH par an

Les techniques de piratage se développent à un rythme fulgurant. Les bouquets de chaînes satellitaires payants sont désormais disponibles à un abonnement accessible à toutes les bourses. Au Maroc, «des jeunes pirates» ont mis en place une technologie hautement sophistiquée de piratage. Le procédé paraît simple bien qu’il recèle un travail minutieux et compliqué. Dans un premier temps, ces pirates s’abonnent légalement aux bouquets des chaînes et dans un deuxième temps ils offrent illégalement les services de ces chaînes à leurs abonnés via le frais d’abonnement. Pour se faire, les «pirates» utilisent un arsenal important mais surtout coûteux d’outils informatiques, notamment des récepteurs, des câbles, des fiches, etc. Un jeune casablancais est parmi les pirates les plus doués qui exercent ce métier. Difficilement convaincu d’ouvrir son petit monde à ALM pour expliquer ses procédés illicites, ce jeune a préféré, par mesure de précaution, s’identifier sous le pseudonyme «le Ghost». Le jeune pirate gère une boutique de vente d’outils informatiques dans un quartier populaire à Casablanca et exerce parallèlement à son métier le commerce juteux de piratage des chaînes satellitaires. «Ma passion pour le piratage des chaînes satellitaires est né essentiellement du fait que j’aime suivre les émissions de qualité qui sont diffusées par les chaînes payantes. En fait je déteste le monopole des grandes sociétés», explique le Ghost. Sans plus s’attarder sur les considérations qui l’ont poussé à exercer ce métier, ce jeune pirate a expliqué le procédé de piratage des chaînes. En effet, selon le Ghost, le récepteur de marque «Dream box» est la clé de voûte de toute l’opération. L’abonné doit absolument se procurer un récepteur de cette marque. Le prix du Dream box varie entre 650 dirhams et 9900 dirhams. L’écart du prix de l’outil en dit long sur la différence de qualité. Bien évidemment, le récepteur le plus chèr est encore plus riche en matière de réception des chaînes. Pourquoi spécialement le «Dream box»? Le Ghost affirme que cette marque est en réalité un récepteur «open source». Comme un ordinateur, ce récepteur contient des ports, une carte mémoire destinée à la programmation, ainsi qu’un disque dur et un processeur similaire à celui des ordinateurs. En plus de la Dream box, l’abonné doit posséder un «routeur Wifi» et un câble d’abonnement internet ADSL. La connexion sans fil ne joue pas le jeu car la fluctuation du débit entre des hauts et des bas fausse la programmation. L’abonné branche le câble ADSL au «routeur Wifi» et branche un autre câble entre ce dernier et le récepteur Dream box puis à la télé. Et là vient le rôle du pirate. Le Ghost, comme d’ailleurs ses amis, est abonné légalement aux bouquets des chaînes. Ce qu’il fait ainsi c’est qu’il établit une base de données sur son ordinateur. Et via la technique du «Shearing» ,un terme anglais qui veut dire la distribution, il configure un «réseau de protocole». Cette technique lui permet d’ouvrir les ports qui vont permettre à ses abonnés de capter sans aucun souci et sans aucune interruption le bouquet des chaînes.
Selon les explications fournies par le Ghost, des programmes «CC Cam» et «new Cam» contenus dans les versions les plus évolués du Dream box permettent de capter plus facilement les chaînes que la programmation G box. Laquelle n’effectue pas son travail automatiquement et doit être redémarré à maintes reprises. Le côté prix de l’affaire rend compte d’une dimension encore plus intéressante de ce procédé illicite. Le Ghost affirme que l’ensemble de ses amis pirates qui font la même chose que lui se sont accordés de fixer un prix standard afin d’assurer la concurrence loyale. Les frais d’abonnement sont de l’ordre de 800 dirhams par année soit 66 dirhams par mois. Une somme très minime comparée aux offres légales en la matière.
Le Ghost qui vient tout juste de mettre ses services à la disposition de ses clients a déjà convaincu 10 abonnés de la qualité de ses services. 800 dirhams multipliés par 10 ça donne un chiffre d’affaires net annuel de 8000 dirhams sans compter les charges d’exploitation. «Pas mal pour un débutant», affirme le Ghost. Ce jeune pirate affirme, par ailleurs, qu’un ami qui habite à Rabat a déjà atteint un nombre d’abonnés de 231 clients. Ce dernier parvient à gagner 184.800 dirhams annuellement soit un salaire motivant de 15.400 dirhams mensuellement.
Afin de minimiser les charges, la communauté des copains du Ghost se sont mis d’accord sur le fait que chacun des pirates s’abonne à un bouquet déterminé. Ils se partagent par la suite les bouquets suivant la technique du «Shearing» d’après un port virtuel du protocole convenu entre eux, avant de les servir à leurs clients. Ceci étant et selon le Ghost, deux raisons principales expliquent l’engouement des abonnés pour cette nouvelle méthode de piratage des chaînes, «la cherté des bouquets de chaînes monopolisés par les grandes sociétés» et «l’absence totale du contrôle».

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