Des clous «donnent du charme» aux toiles de Salah Eddine Boukadir

Des clous «donnent du charme» aux toiles de Salah Eddine Boukadir

Les galeries sont réticentes à exposer ses œuvres conçues également en fils

«Les galeries avancent que les œuvres en clous et fils ne relèvent pas de leur compétence. Or c’est un art qui finira par s’imposer. C’est pourquoi il est censé être exposé».

A vue lointaine, les toiles de Salah Eddine Boukadir ne donnent pas l’impression d’être faites de clous et de fils. L’artiste-peintre marocain fait usage de ces deux matières qui sont perceptibles en s’approchant de ses œuvres.

Le pourquoi de l’usage des clous

«Je préfère les clous parce qu’ils donnent plus de charme. C’est une matière vivante au Maroc. Tout le monde les utilise, alors pourquoi ne pas les mettre sur des toiles ?!», estime-t-il.
Quant aux fils, Salah Eddine Boukadir a recours à ceux en nylon qui, selon lui, ne se déchirent pas «contrairement aux Philippins qui utilisent ceux en coton et de la colle». C’est ce qui fait la différence entre l’artiste-peintre marocain et ceux Philippins qu’il découvre au Qatar.

Prédilection pour les personnalités

Pour concevoir ses œuvres en clous et fils, Salah Eddine Boukadir a une prédilection pour les portraits de personnalités célébrissimes après avoir opté à un moment pour la nature. C’est le cas de la toile qu’il dédie à SM le Roi Mohammed VI, d’une autre qui porte le portrait de l’ex-président américain Barack Obama et de celle de la star Abdelhalim Hafez que l’artiste-peintre est en train de préparer. Selon Salah Eddine Boukadir, la conception de ces portraits représente «le délicat». Comme il le précise, ces personnalités sont fort appréciées par le public et laissent des traces. «SM le Roi a un impact positif sur le peuple marocain, l’Afrique et le monde», indique l’artiste-peintre également chanteur. Il compte d’ailleurs à son actif un single qu’il consacre à Sa Majesté le Roi et au Sahara marocain.

Le niet des galeries

Cependant, les toiles de Salah Eddine Boukadir ne sont révélées au public que dans des hôtels à Marrakech. Là où l’artiste-peintre est installé. «Les galeries avancent que les œuvres en clous et fils ne relèvent pas de leur compétence. Or c’est un art qui finira par s’imposer. C’est pourquoi il est censé être exposé», explicite-t-il.
Vu cet état d’esprit exprimé par les galeries, l’artiste fait une promotion médiatique en se lançant «un défi». Déjà une toile voit le jour, après environ un mois à 35 jours de travail. Cette durée dépend des traits de la personnalité reproduite. Ainsi, la toile de Sa Majesté le Roi a pris 35 jours à l’artiste, 30 jours pour celle d’Obama contrairement à l’œuvre consacrée à Bouddha qui n’a pris qu’environ 20 jours. Le tout étant réparti à 5 ou 6 heures de travail.

Budget des toiles
En ce qui concerne le budget mobilisé pour composer les toiles, Salah Eddine Boukadir est réticent. Ce qui importe à ses yeux, c’est «l’effort et la réflexion». Il en donne quand même un avant-goût. Pour s’approvisionner en bois blanc, il traite avec une société qui en confectionne et met à sa disposition des pièces de 3 mètres et demi à 600 DH. Chaque pièce lui permet de faire 8 œuvres de 60 sur 90. Quant aux clous, l’artiste les achète au kilo qui coûte environ 40 DH.
Ce grammage étant suffisant pour préparer une œuvre. Les fils en nylon étant à 25 DH pour une bobine de 600 mètres. De quoi faire une toile ou deux. Dans l’ensemble, 5 ou 6 toiles reviennent à 1.300 DH.
Pour l’heure, l’artiste ne met pas en vente ses œuvres. «Je veux que le public soit convaincu de mon idée», enchaîne-t-il. Celui-ci étant considéré précurseur en cette technique. «J’ai vu les Orientaux, notamment les égyptiens, recourir aux vis», détaille-t-il.
Pour la petite histoire, Salah Eddine Boukadir entreprend le choix des clous et fils après avoir conçu des œuvres en peinture et sculpture.Sa passion pour l’art remonte à sa tendre enfance. Avant de s’installer au Maroc où il fait de l’événementiel, il travaille dans une banque au Qatar où il animait des concerts. L’artiste est également lauréat d’un conservatoire de musique à Marrakech. L’artiste-peintre, qui compte à son actif des albums, a également un master en marketing et communication à l’ENCG. Pour l’heure, l’artiste-peintre ne se consacre qu’à son job et ses toiles.

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