Des hackers marocains ont effacé 400 sites israéliens

Laurence Ifrah, chercheur à l’Université Paris-2, a ainsi rappelé les cyberattaques lancées en mai 2007 contre des administrations estoniennes, en provenance de Russie, lors d’une conférence au siège de l’organisation européenne à Strasbourg. Un million d’ordinateurs «zombies» – les propriétaires ne le savent pas infectés – ont été utilisés à partir de 60 pays, «d’où la difficulté de représailles», selon cet expert. Mme Ifrah a aussi évoqué «l’armée de 20.000 hackers chinois» membres de la Honker Union of China qui, selon elle, attaque régulièrement des sites de responsables dans les administrations américaines, d’Australie et de Nouvelle-Zélande mais aussi en Europe à Paris, Londres ou Berlin.
Elle a aussi cité le cas des «hacktivistes» d’un groupe «Anonymous» qui ont «défacé» des sites de l’Eglise de scientologie en remplaçant leur page d’accueil par une autre page.  Mme Ifrah a évoqué la dangerosité d’un nouveau virus, le « Storm worm», contre lequel, affirme-t-elle, «tous les Etats sont en alerte maximale». «Il a déjà contaminé au moins 20 millions d’ordinateurs» car on ne peut actuellement empêcher qu’il se dissémine et il s’introduit notamment lors de partage de fichiers de musique ou vidéo. Des hackers au Maroc ont «effacé» 400 sites israéliens, ces derniers réagissant ensuite «on s’en prenant à 15.000 sites au Maroc», a-t-elle dit. Déjà en 2006 un groupe dénommé «Team-Evil Arab hackers» et se présentant comme agissant depuis le Maroc avait  immobilisé plus de 750 sites israéliens. Les sites ciblés par ces actions de «defacing» (défiguration) appartenaient à des banques, des compagnies automobiles et des hôpitaux de l’Etat hébreu.
«Vous tuez les Palestiniens, nous tuons les serveurs d’Israël», disait le message, rédigé en anglais, laissé sur les pages d’accueil des sites piratés. La riposte israélienne n’avait pas tardé à venir. La semaine d’après, plusieurs sites web marocains ont été attaqués par des pirates israéliens. Par ailleurs, la conférence de Strasbourg veut améliorer la coopération internationale contre les crimes liés à l’internet, comme la pornographie, l’usurpation d’identité, la fraude et le cyberterrorisme. Les 200 participants doivent adopter les premières lignes directrices d’une coopération entre les acteurs privés de l’industrie et le secteur public. Le projet s’appuie sur la Convention du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité de 2004, ratifiée par 22 Etats dont les Etats-Unis et, à ce jour, par la moitié des pays de l’Union européenne dont la France.

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