Des marocains à la cité des arts

La Cité internationale des arts est une fondation qui permet à des architectes, des peintres, des sculpteurs, des graveurs, des metteurs en scène, des chorégraphes, des cinéastes, des musiciens, des compositeurs, au-delà des langues et des écoles, des rencontres fertiles. Elle est constituée de plusieurs appartements qui comprennent un atelier, une chambre, une salle d’eau et une cuisine. Les premiers artistes ont commencé à y travailler en 1965, et ce dans l’une des villes les plus stimulantes sur le plan de la création.
La Cité des Arts est de surcroît située à proximité du Musée du Louvre, du Centre Pompidou et du Marais, l’un des quartiers où il existe le plus de galeries d’art à Paris. C’est un lieu où se côtoient, se croisent, se tressent des cultures. Elle est aussi un miroir de la création dans un pays. C’est pour cela que le choix des artistes qui y séjournent doit obéir à des critères de sélection rigoureux. Il faut savoir que la Cité des arts n’est pas une cité universitaire, et encore moins un lieu où des jeunes vont poursuivre leurs études.
C’est une résidence d’artistes professionnels. Un simple coup d’oeil sur les peintres qui y ont séjourné donne un aperçu de la valeur des oeuvres qui s’y font. Il suffit de citer Alain Fleischer, Robert Malaval et Jim Dine pour s’en rendre compte. Les résidants marocains, aussi jeunes qu’ils puissent être, doivent garder à l’esprit qu’ils seront confrontés à des artistes de qualité. Ils doivent aussi réfléchir à des projets nourris d’histoire de l’art et présentant un caractère innovant.
Le Maroc dispose de 4 ateliers à la Cité des arts qui reçoivent, chaque année pour une durée de six mois, huit artistes.
Est-ce que le Maroc produit chaque année huit plasticiens de la qualité de ceux qui résident et travaillent à la Cité des Arts ? Est-ce qu’il existe une commune mesure entre la valeur des artistes étrangers et les Marocains résidants dans cette cité ? Jusqu’à ce jour, les écoles des Beaux-Arts ont produit le plus clair des éléments qui séjournent et travaillent dans cette cité. Force est de reconnaître que le résultat n’est pas toujours à la hauteur des espérances.
Nombre d’entre eux y résident pour les bienfaits du tourisme. Il n’existait aucun suivi des projets ; souvent, on n’en voyait même pas une trace. Nawal Kettani, chef de service des expositions et de la diffusion à la Direction des arts, précise à cet égard qu’une innovation a été introduite aussi bien du point de vue de la sélection des candidats que de la concrétisation des projets. « Au bout de chaque année, on va organiser une exposition des huit bénéficiaires. On la fera à la galerie Mohammed El Fassi à Rabat» dit-elle. Cela dit, la Cité des arts demeure la seule bouée d’air pour les jeunes plasticiens. Il n’existe pas en effet de système d’échange de résidences d’artistes entre les écoles des Beaux-Arts de notre pays et celles de l’étranger.
La seule façon de se confronter à ce qui crée en matière d’art contemporain demeure pour eux liée à un séjour à la cité des arts de Paris. Il faut donc penser au moyen adéquat pour les porter à une meilleure représentation de notre pays.
Le peintre Fouad Bellamine, l’un des premiers résidants marocains à la Cité des Arts, préconise la création d’une «commission des sages» qui doit redéfinir le statut des artistes candidats à un séjour à Paris. Il appelle aussi à l’établissement d’un système de parrainage par des artistes et des intellectuels français.
«Que nos artistes aient des parrains qui les initient au Paris des arts. Le Maroc a plusieurs amis qui ne refuseraient pas leur aide à ses jeunes artistes » dit-il. Il est vrai que le jeune étudiant se retrouve souvent perdu à Paris, et le temps qu’il s’acclimate, il est déjà venu à bout de son séjour. En plus, le bruit circulait qu’une limite d’âge a été imposée aux candidats qui ne doivent pas dépasser 35 ans.
En fait, il n’en est rien, puisque Nawal Kettani dément formellement cette information. « On n’a jamais imposé une limite d’âge ; bien au contraire, on souhaiterait qu’un vétéran accompagne toujours les jeunes à la Cité des arts » précise-t-elle. D’autre part, le Maroc se distingue des autres pays par une autre nouveauté. Les écrivains peuvent résider dans cette cité.
Les appartements de cet espace n’ont pas été conçus pour des hommes de lettres, qui disposent au demeurant d’autres résidences à Paris. Cette innovation est l’oeuvre du ministre de la Culture qui apprécie, comme l’on sait, les écrivains. La Cité des Arts à Paris constitue une vitrine des arts dans un pays.
Jusqu’à ce jour, nombre de nos artistes qui y ont séjourné ont honoré leur contrat. Il reste aux autres de donner l’image la plus valorisante des arts dans notre pays, et ce par l’oeuvre.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *