Des Oscars ternis par la guerre

Avant l’engrenage guerrier de ces dernières semaines, l’Académie du cinéma s’apprêtait à fêter son jubilée de diamant sur les air de jazz de la comédie musicale "Chicago", grande favorite de la soirée avec 13 nominations devant "Gangs of New York" (10) et "Les Heures" (9).
Le renouveau du music-hall sur grand écran; le triomphe des studios Miramax; le record de Meryl Streep avec 13 nominations; les interrogations sur un retour à Hollywood de Roman Polanski avec son film "Le pianiste" sept fois nominé; Pedro Almodovar, premier Espagnol pressenti pour l’Oscar du meilleur réalisateur… tous les potins qui agitaient la capitale du cinéma ont cédé aujourd’hui la place à cette unique question: les Oscars vont-ils être annulés ou repoussés face à la guerre ? "Les Oscars auront bien lieu dimanche", ont pour l’instant martelé les organisateurs, même s’ils convenaient qu’on ne peut exclure que la soirée soit repoussée au dernier moment. Difficile en effet de juxtaposer, sur les télés du monde entier, des images de stars souriantes avec celles de soldats engagés dans des combats. Les acteurs eux-mêmes ont été les premiers à s’inquiéter de ce décalage, ont reconnu les organisateurs qui ont décidé de passer à la trappe la partie la plus glamour. "Sobriété et sérieux" seront les maîtres mots de la cérémonie pour laquelle aucun invité ne s’était officiellement décommandé mercredi soir, à l’exception du réalisateur finlandais Aki Kaurismaki, sélectionné avec "L’Homme sans passé" pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Reste que la guerre s’invitera sans doute à cette soirée où, si l’on en croit les organisateurs, les robes transparentes aux décolletés vertigineux devraient céder la place à des tenues plus discrètes. Nombre de stars, comme l’actrice Susan Sarandon ou le chanteur Bono du groupe U2, n’ont pas caché leur désapprobation de la politique belliciste du président George W. Bush, et risquent de profiter de cette tribune pour manifester leur opposition à la guerre. Aux alentours, les militants pacifistes qui souhaiteraient se substituer aux fans privés de tapis rouge auraient du mal à s’approcher du Palais Kodak cerné par un important dispositif de sécurité, rodé l’an dernier après les attentats du 11 septembre.

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