Des professionnels du cinéma marocain dénoncent l’intolérance islamiste

Des professionnels du cinéma marocain ont dénoncé mardi à Rabat la montée de « l’intolérance » islamiste dirigée contre la création cinématographique dans le royaume. Il s’agit de s’opposer aux « visées obscurantistes des censeurs autoproclamés », assure le Groupement des auteurs réalisateurs producteurs marocains (GARP) dans un communiqué, faisant notamment allusion au débat qui entoure la sortie du dernier film du réalisateur marocain Nabil Ayouch.
Une vive polémique a surgi au Maroc à propos d’une offensive islamiste visant à interdire la projection du long métrage « Une minute de soleil en moins », un film de Nabil Ayouch accusé de contenir des séquences « obscènes ». Le groupe parlementaire islamiste du Parti justice et développement (PJD), fort de 40 députés depuis les élections de septembre 2002, a demandé l’interdiction de ce film ainsi que le remboursement de l’aide publique obtenue par le cinéaste. Les réalisateurs du GARP appellent à une action urgente pour « couper court aux visées obscurantistes des censeurs autoproclamés, des fanatiques qui tentent d’imposer leur pensée unique et de semer l’intolérance et la zizanie dans la société ».
Selon le texte du groupement, le film « Femmes et femmes » de Saâd Chraïbi a été empêché de projection, dans une université marocaine, par un « groupuscule fanatique ». Les réalisateurs marocains s’en prennent également à la censure officielle et dénoncent « les amalgames entre sexe et pornographie », estimant que « les cinéastes, comme tous les autres créateurs » sont libre de traiter du sexe dans leurs oeuvres.

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