Des soins palliatifs toujours en détresse

Des soins palliatifs toujours en détresse

Comment accompagner une personne atteinte d’une maladie grave ou évolutive? Le recours aux soins palliatifs au Maroc reste encore faible et les malades et leurs entourages se retrouvent dans la plupart des cas seuls face à une situation dont l’impact psychologique peut constituer un tournant dans la vie des uns et des autres. Mais le principe reste encore méconnu au Maroc. «Notre association a été constituée il y a de cela quelques années et plus précisément en 2006. Nous menons nos missions au sein de l’hôpital Hassan II dans le service oncologique et le service des maladies infectieuses. Nous assurons, pour les personnes qui consentent, un accompagnement dans cette phase et de même pour la famille soit par des visites programmées au sein de l’hôpital ou à domicile et ce une fois par semaine», explique Jamila Sdigui, présidente de l’Association «Ziara» pour l’accompagnement et le développement des soins palliatifs à Agadir. «Il s’agit de les accompagner psychologiquement durant cette période et d’être à leur écoute», souligne-t-elle. En effet, les soins palliatifs tels que l’OMS les a reconnus sont des soins actifs qui s’inscrivent dans une approche globale des personnes atteintes d’une maladie grave évolutive ou terminale et dont le but est d’offrir la meilleure qualité de vie possible pour eux et leurs familles. «L’objectif de notre association est de sensibiliser le personnel soignant et les acteurs de la société civile à l’esprit des soins palliatifs pour tendre vers une approche globale de la personne tout en tenant compte des douleurs physiques et également de sa souffrance psychologique, sociale, spirituelle et religieuse. Ainsi, nous tentons d’aider le malade et sa famille à vivre jusqu’à la fin et d’être à l’écoute du malade en préservant ses relations humaines et ses besoins spirituels», explique Jamila Sdigui. «Les adhérents à l’association sont des personnes bénévoles qui viennent apporter leur contribution dans ce processus d’accompagnement», explique la présidente de l’association. Le processus d’accompagnement des malades constitue une sorte de chaîne reliant plusieurs intervenants : l’équipe médicale, la famille ainsi que les bénévoles de l’association. Un processus où le malade doit être au centre des soins et où le but est d’accompagner la personne dans le cheminement de sa maladie et de s’adapter à ses attentes et à l’évolution de son comportement face à la maladie qui évolue. Certes, l’objectif reste noble mais le manque de sensibilisation laisse aujourd’hui cette association face à un besoin urgent en termes de bénévoles. Signalons que la mission d’un bénévole accompagnant est de consacrer une demi–journée hebdomadaire aux malades par une visite qui se fait ou à domicile à l’hôpital afin de le soutenir et d’être à son écoute. Par ailleurs, les bénévoles qui sont formés spécialement à cette présence discrète au côté du malade sont également soutenus psychologiquement tout au long de leur action via des groupes de paroles qui ont lieu toutes les trois semaines en présence d’un psychologue. «Accompagner est un devoir, c’est une valeur de civilisation, de culture, de sociabilité. Cela répond aussi à une exigence religieuse et c’est l’ensemble de la société qui est engagé dans une exigence de non-abandon. Les malades seuls, dans un état de détresse extrême, attendent votre visite», tel est l’appel de l’Association Ziara. Un appel qui devrait être une devise et un engagement pour notre société.

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