Disparition d’un garçon dans le vent

Faute de mettre les drapeaux en berne comme dans sa ville natale, Liverpool, on se mobilise partout pour des concerts improvisés, des hommages dans des lieux cultes des Beatles… Et surtout des millions de personnes pleurent la star par-delà les frontières, les générations, les nationalités et les classes sociales. Les stars qui témoignent retiennent de lui que c’était un homme chaleureux, pacifique, en plus d’un musicien talentueux. George Harrison était «tout simplement mon petit frère», a déclaré P. McCartney, l’ex-Beatle et ami d’enfance avec lequel G. Harrison avait fondé le célèbre groupe de Liverpool, les Fab Four. C’était le bébé des Beatles et, à l’inverse de P. McCartney et de J. Lennon, il a eu du mal à développer ses talents d’écritures et à composer sa musique seul, mais en travaillant dur, il a finalement écrit l’une des plus belles chansons d’amour de tous les temps, Something, mais aussi My Sweat Lord, le 45 tours le plus vendu de la période post et pré-Beatles. C’est aussi lui qui, au moment où tout le monde jouait de la guitare électrique, avait amené le sitar et d’autres instruments tout aussi orientaux… Une démarche artistique ce qui avait contribué à faire de lui le guitariste attitré du groupe. Le musicien indien Ravi Shankar, qui lui avait enseigné le sitar, s’est dit choqué par la mort de G.Harrison, son ancien élève devenu ami. Par ailleurs, le Bangladesh, qui en a fait une sorte de héros de l’indépendance pour avoir organisé un concert historique en 1971 en faveur de l’ex-Pakistan oriental, l’hommage y a été unanime samedi, du Premier ministre aux artistes. Le décès de G. Harrison a également suscité des réactions dans le milieu de la Formule 1, dont l’ex-Beatle était un passionné. Passionné de musique, il l’aura été jusqu’au bout puisqu’il préparait un nouvel album. D’après la presse anglaise, l’homme tranquille, comme on se plaisait à l’appeler, jouait encore à sa famille des extraits de son nouveau disque dimanche dernier dans sa chambre d’hôpital, à Los Angeles, quatre jours avant de succomber au cancer qui le rongeait depuis plusieurs années. Le dernier album de G. Harrison devait s’appeler Portrait of a Leg End, en référence à sa difficulté à vivre son statut de superstar. Certaines de ses nouvelles chansons, sur le déroulement de sa vie ces dernières années, sont vraiment poignantes, a déclaré le musicien californien J. Kelter, batteur sur cet album, qui était selon lui presque fini. Maintenant que ce garçon dans le vent nous a quitté c’est à son épouse, Olivia, qu’il reviendra de prendre la décision de sortir ou non la dernière oeuvre du guitariste disparu.

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