Distinction royale pour trois artistes

Parmi les personnalités distinguées récemment, à l’occasion de la visite de SM le Roi Mohammed VI à Essaouira, figurent aussi des artistes et des écrivains. Décorés du Ouissam Al Kafaâ, Edmond Amran El Maleh, écrivain et dramaturge, Hussein Miloudi, artiste et peintre et Haïm Zafrani, membre de l’Académie du Royaume du Maroc et professeur à l’Ecole supérieure des hautes études en France, ont, chacun dans son domaine, contribué à enrichir le patrimoine culturel du Royaume.
Né en 1917 à Safi, au sein d’une famille juive originaire d’Essaouira, Edmond Amran El Maleh est au front, dans les premières heures du nationalisme marocain. Responsable de mouvements pour l’émancipation, il est classé par les services français comme un « militant actif pour l’indépendance du Maroc ».
Plus philosophe que politique, c’est dans l’écriture que Amran El Maleh s’est fait connaître. Il s’y mettra pourtant tardivement puisque c’est à partir de 1980, à l’âge de 63 ans, qu’il fait publier une série de romans et un recueil de nouvelles. Son thème puise dans les valeurs d’un Maroc aux dimensions à la fois arabe, berbère et juive. Le sacre viendra tout d’abord en 1996 avec le Grand Prix du Maroc pour l’ensemble de son oeuvre. On lui doit cette citation profonde parue dans le Magazine littéraire en 1999 : « Ecrivant en français, je savais que je n’écrivais pas en français. Il y avait cette singulière greffe d’une langue sur l’autre, ma langue maternelle l’arabe, ce feu intérieur. »
Une marocanité que l’on retrouve également dans l’oeuvre de Haïm Zefrani, également décoré par le Souverain du Ouissan Al Kafaâ. Cet historien, titulaire du doctorat de recherches en études orientales, licencié en Droit et Sciences économiques, diplômé d’arabe classique à l’Université de Rabat et de langue hebraïque à l’Université de Jérusalem, revendique dans ses écrits cette appartenance à sa double culture juive et marocaine. Né en 1922 à Essaouira, Haïm Zafrani s’est particulièrement illustré à l’université Paris VIII où il dirige le département de langue hébraïque et de civilisation juive. Aujourd’hui, en tant que membre du comité de parrainage de la revue Horizons maghrébins et correspondant de l’Académie du Royaume du Maroc, M. Zefrani suit de près l’évolution de la vie des lettres dans le Royaume. Auteur prolifique ? Il peut revendiquer ce titre, avec quinze ouvrages et plus de cent cinquante articles portant sur les littératures orientales et les langues juives en Occident musulman.
Autre artiste à avoir été distingué du Ouissam Al Kafaâ, Hussein Miloudi, un artiste et peintre dont l’oeuvre, abondante, trouve illustration dans une sculpture représentant une main érigée entre le square Orson Welles et la place Bab Sbaâ, à l’occasion de la 4e édition du Symposium international de sculpture, tenue du 3 au 18 mai 2003. Engagé dans toutes les activités culturelles du Maroc, Hissein Miloudi, natif d’Essaouira en 1945, puise son inspiration dans sa ville natale. Il est pour la peinture et la sculpture marocaines ce que Kant qui n’a jamais quitté son village, était pour la philosophie européenne.
Outre cette sculpture sur roche, Miloudi est aussi connu pour ses diverses oeuvres dans l’architecture et des travaux graphiques. C’est un artiste qui n’aime pas le faste et cultive la discrétion. Loin des projecteurs et des feux de la rampe, il a érigé à l’entrée d’Essaouira, la «Barakat Mohamed», oeuvre tournée, suivant la croyance populaire, vers le saint de la ville, Sidi Magdoul.

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