Diversité culturelle : Le défi mondial

La ville de Madrid a abrité le week-end dernier la rencontre mondiale des ministres de la Culture. Cette rencontre a réuni les représentants de plus de 70 pays dont le Brésil, la France et l’Angleterre pour ne citer que ceux-là. Le Maroc participe d’habitude à ces réunions mondiales, la dernière en date était celle de mars. Mais, pour cette rencontre de Madrid, le Maroc n’a pas été invité. Interrogé à ce sujet , le président de la Coalition nationale des arts et de la culture, Hassan Nafali, a déclaré qu’il n’était guère au courant de la tenue de cette rencontre. Pourtant, le Maroc fait partie des pays assidus à cette manifestation pour la défense de la diversité culturelle. Mais cela ne semble pas préoccuper Hassan Nafali qui explique la non-participation du Maroc par une simple omission de la part de ses interlocuteurs. « Nous sommes toujours invité à ces rencontres par la SACD, le bureau de la coalition des arts en France, mais cette fois-ci, ils ont oublié de nous inviter », déclare Hassan Nafali.
Mais cela n’empêche pas le Maroc d’être pour la majorité des principes qui sont défendus au cours de ces rencontres mondiales. Ces rencontres sont, en effet, une occasion pour discuter des modalités d’application d’une convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles. La réunion qui s’est déroulée le week-end dernier au Musée du Prado à Madrid s’inscrit dans un désir affiché de rallier le maximum d’adhérents à la cause de cette convention. Une convention a provoqué  la mauvaise humeur des Etats-Unis. Ce pays est contre la législation de la diversité culturelle. « Les Etats-Unis n’ont pas de culture, c’est pour cette raison qu’ils ne veulent en aucun cas que les autres pays s’attachent à leur identité culturelle et veulent dominer le monde par leur puissance au niveau de la recherche dans le secteur de l’audiovisuel », souligne Hassan Nafali. Ce dernier ajoute que dans les accords de libre-échange (ALE) que le Maroc a signé en 2004, les Etats-Unis avaient exigés d’intégrer la culture. Une volonté qui n’a pas manqué de susciter la colère de plusieurs pays. Les Etats-Unis se sont, en effet, dirigés vers l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour intégrer la culture dans les clauses de l’ALE. Cependant leur tentative a échoué. Près de 90% des pays adhérents à l’OMC s’y sont opposés. C’est ce qui a conduit les Etats-Unis à signer des accords bilatéraux pour justement atteindre son but. Face à cette insistance de la part des Etats-Unis, certains pays ont eu l’idée de créer une convention juridique pour sauvegarder la culture des pays. Cette convention va être une forme de garde-fous pour tous les pays qui possèdent une culture riche. Cette convention doit être votée par 90 pays au minimum pour être validée. Ainsi la rencontre mondiale du week-end dernier à Madrid s’est déroulée dans l’espoir que la convention sera définitivement adoptée en octobre lors de la conférence générale de l’UNESCO. Pour l’instant 130 représentants des Etats membres ont déjà signé le texte de l’avant-projet le 3 juin à Paris. La ministre de la Culture espagnole Carmen Calvo a déclaré que « la convention a pour but d’affirmer la spécificité des biens et des services culturels et de ne pas les réduire à de simples marchandises ». Les ministres de la Culture de France et du Brésil ont également soutenu cette thèse de Carmen Calvo. Dans des propos relayés par l’agence AFP ils ont déclaré :  "On n’échange pas des tomates contre un film", confiait-on dans l’entourage du ministre français. “On peut échanger des produits agricoles contre des produits textiles, mais pas contre des oeuvres d’art et de l’esprit, qui touchent à l’essence même de l’humanité". Dans la déclaration finale de Madrid il est souligné qu’il devient aujourd’hui indispensable de freiner l’homogénéisation et la standardisation actuelle, provoquées par la perte de l’équilibre entre les cultures. Ceci dans un souci de protéger et de promouvoir la richesse culturelle. Un défi que de nombreux pays veulent relever. Pour l’instant la convention en jeu est encore en étape finale de rédaction, des amendements doivent y être intégrés pour ensuite être votés en octobre prochain.

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