Driss Rokh : «Le mariage m’a porté bonheur»

Driss Rokh : «Le mariage m’a porté bonheur»

ALM : L’art et le mariage font-ils bon ménage ?
Driss Rokh : Le mariage m’a fait changer de vision. C’est à Marrakech que j’ai eu le privilège de le fêter l’été dernier. Ce fut une sorte de soupape de sécurité qui m’a permis d’évacuer le stress du métier d’acteur, tant et si bien que j’y suis resté jusqu’au mois de décembre dernier.
La ville des sept saints m’a appris à croquer la vie à pleines dents. Une nouvelle page s’est ouverte, c’était d’autant plus vital que j’ai longtemps vécu dans le célibat. Le mariage n’a pas tardé à donner ses fruits. Après avoir convolé en justes noces, j’ai réalisé mon premier court-métrage «Chaos». C’est en quelque sorte un jeu de mot sur le «K.O» utilisé en boxe, qui est d’ailleurs le thème de mon film. Je dois à ma femme, Hanane Chawki, de m’avoir permis de voler de mes propres ailes, en passant du statut d’acteur à celui de réalisateur. Grâce à ma femme, je peux me prévaloir d’avoir maintenant trois casquettes : celle de l’acteur, celle du réalisateur et celle du scénariste. En ce qui concerne ce dernier volet, je viens de terminer l’écriture du scénario de mon premier téléfilm «Destin parallèle». Décidément, la ville de Marrakech m’a porté bonheur. Mais voilà, l’appel de Casablanca a été irrésistible. Ma femme, hôtesse de l’air, a changé de compagnie, mais (rires …) pas de compagne! Nous sommes venus ensemble dans la mégalopole pour chercher un nouveau «Destin parallèle».
Nous avons élu domicile dans un appartement du quartier Belvédère où nous avons pris le temps de vivre. Le mariage, voyez-vous, est très bénéfique…

Que «tournez-vous» ces derniers temps à Ouarzazate ?
Après avoir tourné dans « Babel » de Gonzalez Inarritu, aux côtés de Brad Pitt et de Kate Blanchete, et dans « The situation » de Philip Haas, avec l’actrice Connie Nelson, je joue actuellement dans le film « Arn, les cavaliers du beau temple » de Peter Flint où je partage l’affiche avec les acteurs Joakim Natterkvust, Anders Baasmo et Milind Soman (Inde). Le tournage de ce film a commencé le 4 janvier à Erfoud et il s’est poursuivi à Rissani, puis à Ouarzazate.

Qu’est-ce qui plaît, à votre avis, aux réalisateurs étrangers à Ouarzazate ?
Ouarzazate offre un cadre propice aux films dits d’époque. Cette ville féerique regorge de décors historiques imposants. Le studio Oscar offre ici un exemple éloquent. Il faut souligner à ce propos que les premiers tournages étrangers à Ouarzazate datent de la première moitié des années quarante. Au-delà de ce cadre historique, Ouarzazate reste la meilleure région au monde où il y a une lumière naturelle qui donne plus de profondeur aux films, sans oublier la magie de ses décors naturels. C’est l’une des rares villes au monde où se côtoient désert et neige, verdure et sable, oasis et montagnes, sans compter ses gorges ensorceleuses.

Tête d’affiche des films nationaux, vous êtes aussi l’un des acteurs marocains les plus sollicités dans les films étrangers. Comment vivez-vous cette double expérience ?
Les films étrangers bénéficient de gros budgets. Et là, on ne peut pas comparer. Pratiquement, un film marocain ne dépasse pas un million d’euros, alors que qu’un film étranger comme « Titanic » de James Cameron a plafonné à 200 millions de dollars ! A moindre échelle, un film tel « Le Faucon noir» de Tony Scott a nécessité un budget de l’ordre de 118 millions de dollars. Au niveau de la technique, le matériel utilisé dans les films étrangers est  très sophistiqué. Tout est réglé au détail près : éclairage, machinerie, caméra … Il peut arriver à un réalisateur étranger d’utiliser, parfois en même temps, une vingtaine de caméras.  En plus, le tournage peut aller au-delà de 90 jours, sans oublier la préparation (quatre semaines, avant le premier coup de manivelle). En ce qui concerne le Maroc, il faut aussi dire que nous avons aujourd’hui d’excellents techniciens qui ont acquis une très grande expérience au fil des tournages auprès des plus grands réalisateurs internationaux qui viennent à Ouarzazate.

Qu’est-ce qui vous passionne dans le métier d’acteur ?
J’aime beaucoup la composition psychologique des personnages. Cela permet à l’acteur de rentrer dans un monde où il se découvre lui-même à travers la palette des rôles qu’il interprète. Pour ma part, je me suis beaucoup enrichi de mes rencontres avec des acteurs d’autres nationalités. Grâce à ces rencontres, j’ai appris à être discipliné, patient, respectueux de l’autre et exigeant vis-à-vis de moi-même. Au fil des expériences, j’ai construit une large palette de personnages.
Un acteur est d’ailleurs la somme des personnages qu’il a interprétés.

Vous intéressez-vous à la politique ?
Si on ne s’intéresse pas à la politique, on risque de la subir.
Et dans ce cas, c’est grave. D’autant plus grave que la politique, telle qu’elle est pratiquée chez nous, n’a pas atteint le niveau de maturité requis.

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