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Le best of de Patrick Juvet
Quelque temps après le retour de Dave, voici que l’autre blondinet des années pattes d’éph a décidé de remettre le couvert avec une nouvelle compilation de ses golden years. On se promène donc de 1971 à 1982 et on écoute à nouveau avec une certaine émotion teintée d’autodérision "Romantiques pas morts" (1971) arrangé par le grand Michel Bernholc, "La Musica" (1972) qui vaudra à ses créateurs, le trio Juvet/Thomas/Rivat d’être contacté par Claude François et de lui écrire "Le Lundi au soleil", "Je vais me marier Marie" (73), chanson écrite par Delanoé le grand et participant à l’Eurovision pour la Suisse, et "Sonia" (1973) dont le texte est signé Boris Bergman, en transit entre Dalida et Bashung. Dès 1974, grâce à l’apport de Jean-Michel Jarre, la carrière de Juvet quitte la variété pour un univers plus qualitatif : "Faut pas rêver" (1976), "Où sont les femmes ?" (1977), "Les Bleus au coeur" (1977). Après avoir effleuré le disco, Juvet y plongera corps et âme en 1978 en compagnie des producteurs de Village People, les Français Belolo et Morali. Grâce à eux, il connaîtra une gloire internationale avec "I Love America" (1978) et "Lady Night" (1979) qu’on retrouve ici remixés. C’est avec Jean-Loup Dabadie (Clerc) que Juvet signera son dernier tube en 1982 avec "Rêves immoraux". Cheveux longs, cols pelle à tarte, paillettes et talons compensés : tout le parfum des années soixante-dix est là.

Aretha Franklin : LE MEILLEUR
Aretha Franklin mérite incontestablement son titre de Reine de la soul music. Tout, depuis sa prime enfance, la prédisposait à cette distinction enviée puisque son père, pasteur, l’initie très tôt au gospel (elle chante dans la chorale de sa paroisse). Découverte par John Hammond, éminence grise de Columbia qui découvrit Billie Holiday et Bob Dylan, elle intègre toutefois rapidement la mythique écurie Atlantic où elle offre le meilleur d’elle-même. "Respect" mais aussi "Angel" ou "Until You Come Back To Me (That’s What I’m Gonna Do)" de Stevie Wonder figurent parmi ses morceaux les plus connus. Ceux d’une dame qui a travaillé  avec tout ce que la planète compte de monstres sacrés (Clapton, George Michael, Annie Lennox, Elton John), dont la musique s’est ouverte à la soul plus branchée des Fugees et qui traverse la musique du XXe siècle avec une foi inébranlable. Tous les albums d’Aretha sont quasiment indispensables, alors pourquoi ne pas choisir celui-ci qui offre, c’est sûr, le meilleur de la chanteuse.

Earth wind et fire : greatest hits
Cette compilation laisse de côté les années formatives du groupe, au début des seventies, quand Maurice White, le leader de la bande, affinait sa vision, comme les derniers temps, en dent de scie, de la carrière du groupe, pour se consacrer essentiellement aux années 75-85, l’âge d’or d’Earth,Wind & Fire. Impossible durant cette décennie d’envisager une fête digne de ce nom sans une rasade de tubes funky grand teint des brothers de Chicago. Véritable usine à faire danser, ce presque big band aligne une section de cuivres irrésistible, une section rythmique surpuissante et une escouade de chanteurs – dont Philip Bailey, qui tirera son épingle du jeu en duo avec Phil Collins – effectuant d’acrobatiques chorégraphies vocales. "Let’s Groove" prend ici les allures d’une devise jamais reniée, même si "Fantasy" ou "After The Love Has Gone" ralentissent le tempo, histoire d’inciter les corps à s’enlacer. Un monument de funk, agrémenté d’un brelan de remix au goût du jour.

D’Angelo : Voodoo
Cinq ans après son brillant premier album (Brown Sugar), D’Angelo réduisait à néant les éventuels autres prétendants au titre de fils spirituel de Marvin Gaye. Car même si cette éternelle comparaison le hérisse, D’Angelo a produit avec cet inespéré car si souvent repoussé Voodoo une véritable "oeuvre", au même titre qu’un Let’s Get It On du regretté phare de la soul. Un album qui ne se soucie d’aucune règle (les morceaux sont d’ailleurs bien trop longs pour être programmés en radio) autres que les siennes propres, qui sont le lyrisme, l’introspection, et un évident savoir-faire. Renforcé de pointures comme le batteur des Roots, Method Man et Redman (pour la fraternité avec le hip-hop), le jazzman Roy Hargrove, et la reine Lauryn Hill, D’Angelo a réalisé un album qui convoque les mannes de Sly Stone, Curtis Mayfield, Jimi Hendrix et quelques autres, le premier disque qui prouve que la soul music digne a son avenir devant elle.

Orishas : A lo Cubano
Premier album original et essai réussi de métissage entre le rap et la salsa, ou plutôt le son, la rumba et le guaguanco. A l’origine de ce projet transcontinental et transculturel, un certain Niko, producteur de rap parisien ayant déjà œuvré pour AS, Passi, Bisso Na Bisso, Bam’s, etc. Son association avec quatre interprètes cubains, deux rappeurs de La Havane (Yotuel et Ruzzo du groupe Amenaza) et deux chanteurs (Flaco et Roldan) ne sonne jamais putassière ni artificielle. Et la présence d’une dizaine de musiciens capés et de Mario Rodriguez (Notorious BIG, Fonky Family, etc) au mixage ne fait que rajouter à la qualité de ce disque festif mais pas décérébré.

Cafe Del Mar
Situé au sein de la station balnéaire de San Antonio (Ibiza), le Cafe Del Mar a été bâti en hommage au soleil couchant par l’architecte espagnol Lluis Guell. C’est aujourd’hui le lieu de rassemblement de tous les amateurs de sonorités vaporeuses et de ciel embrasé à la nuit tombante. Lancée par le DJ José Padilla, la prestigieuse série du Cafe Del Mar est désormais reconnue à travers le monde entier comme la référence absolue en matière de musique relaxante. Des accents soul de Levitation au flamenco festif de Paco Fernandez, en passant par quelques relectures inspirées ("Face à la mer" des Négresses Vertes remixé par Massive Attack…), ce cinquième volume garantit un dépaysement complet à moindre frais. 

Alicia Keys : songs in a minor
Si on la compare à des chanteuses r’n’b qui ont fait de leurs chorégraphies leur ultime accomplissement artistique, Alicia Keys est un cas à part. Plutôt que répéter des pas de danse, cette jeune chanteuse apprend le piano depuis l’enfance. Virtuose, elle a réussi à placer son premier album, Songs In A Minor, au sommet des charts américains pendant plus de deux mois. Un album limpide où le r’n’b renoue avec la tradition de la soul et du blues. "Girlfriend" ouvre l’album sur un rythme uptempo très accrocheur, et avec "Falling" et son riff de piano lancinant, on comprend qu’on tient entre les mains une petite merveille. Si l’on croise parfois le spectre de Curtis Mayfield (le très Blaxploitation "Troubles"), Songs In A Minor évite l’écueil de la nu-soul rétro-baba pour sonner complètement moderne et limpide. Alicia Keys est incontestablement le plus grand espoir soul depuis Lauryn Hill. Songs In A Minor est peut-être le meilleur album soul/ r’n’b de 2001, un classique à ne rater sous aucun prétexte.

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