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Public enemy : It takes a nation of Million to hold Us back
Fragments de sons concassés et mots militants au programme de ce classique indiscutable qui consacra « Public enemy » en 1988 le paroxysme du rap engagé. Stridences en tout genre, alarmes et sirènes diverses, explosions : le groupe du rappeur politisé Chuck D avait l’arsenal pour réveiller les consciences. Une apocalypse inspirée par le chaos urbain de la Grosse Pomme et destinée à attirer l’attention du peuple et des médias sur la cause des Noirs américains, fortement éprouvés par l’ère Reagan. "Bring The Noise" annonce l’Ennemi Publique pour ouvrir les hostilités contre une société injuste et raciste : l’électrochoc peut commencer. Heureusement pour nos tympans, la production audacieuse de la Bomb Squad sait parfaitement marier le bruit au feeling, d’autant plus que le travail sur les samples est révolutionnaire pour l’époque. Terminator X fait monter la pression à coups de scratchs vengeurs et Flavor Flav est irrésistible dans le rôle du bouffon ultra-funky. Un pur moment de rap’n’roll.

Alain Bashung : Chatterton
Changement de cap à nouveau pour Alain Bashung, qui fait balancer son neuvième album studio entre country et new age à la faveur des superbes nappes de guitare de Michael Brook. Tour à tour indiennes ou arabisantes, elles se frottent volontiers à une lancinante trompette bouchée, comme dans l’excellent "Après d’âpres hostilités", ou à l’accordéon balloche de "A Ostende". Tandis que le tube jubilatoire "Ma petite entreprise" évoque, sur un rythme saccadé, le monde du travail et ses décideurs. Les textes, que Bashung a écrits en collaboration avec Jean Fauque, regorgent comme à l’accoutumée de jeux de mots énigmatiques et de cette nonchalante désespérance si fortement présente dans "J’ai longtemps cont-emplé". Au final, un album teinté de cette rare élégance dont Alain Bashung a fait sa marque de fabrique.

The Beatles : Sergent Pepper’s
La première fois qu’Éric a entendu Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, c’était sur un mini K7, pour sa communion… Micky, lui, était batteur dans le Vaucluse et, en rentrant, du Discobole, il a passé six heures d’affilée à essayer de rejouer l’intro de "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (Reprise)". Ça n’avait l’air de rien, pourtant il n’y arrivait pas… Une fille l’avait prêté à Benoît; le disque sautait sans arrêt mais en rajoutant une pièce de cinq centimes sur le saphir ça passait… Mick et Keith l’ont écouté ensemble et ça leur a un peu mis les boules… Pascal, c’était dans un restaurant ; il n’écoutait que du punk et de la new wave mais, quand même, ça lui rappelait quelque chose. Il est allé l’acheter en sortant du restaurant… Adèle, c’était chez son fiancé, un matin de mai, ça sentait le lilas. Son amoureux pleurait chaque fois qu’il écoutait la voix de Lennon sur le début de "Lucy In The Sky With Diamonds"… Brian, l’a écouté dans son salon, assis dans le sable. Il a aussitôt appelé ses frères et son cousin pour enregistrer une version de "With A Little Help From My Friends"… Et vous ?

Massive attack : Mezzanine
Avec son visuel d’insecte mutant (pattes velues, mandibules crochues) et ses sonorités vénéneuses, le troisième album des laborantins de Bristol fascine et fait flipper.  »Mezzanine » marque un tournant plus rock dans la carrière d’un groupe qu’on découvre également amateur de musiques blanches : l’obscurité de la new-wave et l’immatérialité ambiante étant les deux éléments principaux qui viennent s’ajouter à la base dub/trip-hop habituelle, ainsi que quelques guitares plombées. Assurément le disque le plus impressionniste de Massive Attack, ce recueil de dix titres et un remix fait alterner ambiances oppressantes et plages de béatitude avec toujours cette même science éprouvée de l’alchimie qui constitue la griffe de 3-D, Daddy G et Mushroom. D’autre part, après Tracey Thorn (Everything But The Girl) et Nicolette sur le deuxième album, c’est ici au tour de Liz Fraser (Cocteau Twins) et Sara Jay de poser leurs voix ensorceleuses sur les charbons ardents de Massive Attack. Le fidèle Horace Andy est quant à lui encore du voyage, notamment sur une reprise de John Holt.

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