Ecouter

Marvin Gaye : What’s going on ?
L‘un des plus beaux disques, toutes catégories confondues, de l’histoire de la musique chantée, et l’avènement d’un artiste hors du commun. Après des débuts plutôt orientés rhythm’n’blues, l’auteur, compositeur et interprète Marvin Gaye entame la décennie libertaire avec un concept-album spirituel, pacifiste et écolo dans lequel la musique atteint un degré de sophistication confondant. 1971, entre Amérique de Nixon et guerre du Vietnam qui n’en finit plus, s’élève la voix troublante d’une colombe de la paix réincarnée en chanteur de soul.
Epaulé par des collaborateurs émérites et des musiciens de première classe (dont un orchestre), celui qui était surtout connu pour son tube sixties  »I Heard It Through The Grapevine » s’installe définitivement dans l’Olympe des mélomanes avec ces neuf diamants éblouissants de pureté et de savoir-faire. Chaque note enregistrée ici est d’essence divine et les interrogations existentielles de Marvin sont malheureusement toujours d’actualité. Sauf pour lui, évidemment. A moins que son esprit ne continue tout là-haut à se préoccuper de "Ce Qui Se Passe" ici-bas.


Roberta Flack : Killing me softly
Pianiste de formation classique, Roberta Flack fait partie, avec Donny Hathaway ou Bill Withers, d’une génération de chanteurs soul intimistes qui s’est imposée au début des années 70. Bien loin de ses premières armes gospel à l’église baptiste, la native de Caroline du Nord joue sur le même terrain pop sophistiqué que ses contemporaines blanches Carole King ou Carly Simon, avec, en bonus, une voix particulièrement caressante aux inflexions jazzy.
Si le morceau titre, ballade émouvante et énorme tube (qui sera revisité par les Fugees), reste le plus connu de cet album de 1973, les autres chansons sont de la même qualité, avec notamment une intéressante version de "Suzanne" de Leonard Cohen. Les amateurs de Sade ou de Des’ree devraient apprécier cette soul de chambre hautement sophistiquée


Whitney Houston : The bodyguard
Tout chez Whitney Houston semble l’avoir prédestinée au succès international. Ses ascendants d’abord, qui connaissent soul et gospel sur le bout des doigts pour les avoir pratiqués – sa tante n’est autre que la célèbre Thelma Houston dont le hit "Don’t Leave Me This Way" est encore dans toutes les mémoires. Ensuite, sa voix, élégante, qui est propre à séduire un vaste auditoire.
Son physique, enfin, qui la fait débuter comme mannequin et l’amène à jouer au cinéma dans "Bodyguard" au côté de Kevin Costner. Réalisé en 1992, ce disque est son quatrième où brille la ballade sucrée à souhait "I Will Always Love You" (une reprise de la chanteuse country Dolly Parton). Évidemment, le titre est numéro 1 aux États-Unis. Quant à ce disque, il ravira les amateurs de soul aux arrangements légers.




India Arie : Acoustic Soul
Le début du troisième millénaire aura vu la confirmation de quelques chanteurs et chanteuses soul tous issus de la scène de Philadelphie : Jill Scott, Bilal et Talaab Jonhson de Musiq Soulchild. Désormais, il faudra compter avec une autre chanteuse (également guitariste) originaire de la même région, India Arie dont Stevie Wonder pense le plus grand bien puisqu’elle est une des rares personnes, avec Craig David, sur laquelle notre génie ne tarit pas d’éloges. Toutefois, le plus dur restait à faire : être à la hauteur de sa réputation, ce que réussit sans forcer cette nouvelle diva avec Acoustic Soul, son premier opus.
Attention : même si le dernier morceau l’offre à entendre dans un contexte évoquant des 70’s superbement arrangées, le reste de l’album propose des ambiances beaucoup plus intimistes et dépouillées, mâtinées de folk comme sur les lumineux "Brown Skin" et "Strength, Courage And Wisdom". Excellent single, "Video" vient couronner le tout. Sincère, habité et imprégné de soul.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *