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Artistes : Inspiration 22 Harmonica Performances
C’est un acte de tendresse et de gratitude que celui de J.J. Milteau rassemblant dans Inspiration 22 enregistrements d’harmonica "rares ou historiques, de 1928 à nos jours". Ici, le plus célèbre harmoniciste français a réuni ses confrères les plus éminents, et ceux qui lui ont apporté ce qu’affiche le titre de la collection. Aussi, le profane ne s’étonnera pas de relever dans la sélection quelques-uns des grands maîtres du blues, le registre favori de Milteau. James Cotton, Sonny Terry, Little Walter, Sonny Boy Williamson… illustrent, chacun à leur manière, l’usage du petit Marine Band – l’harmonica fétiche des bluesmen – et du chromatique. Mais le travail de Milteau se veut aussi historique, et, guidé par un livret complet riche en références, dates, et détails, on va à la rencontre de figures comme Larry Adler (avec Django Reinhardt), qui demeure la star mondiale de l’harmonica au même titre que celui qui l’accompagne fut celle de la guitare. On croise aussi l’harmonica dans des styles inattendus (Hugo Diaz dans "La Campañera") et dans des registres complexes, comme cette "Gymnopédie n° 1" d’Erik Satie jouée par Toots Thielemans. Et le moindre des mérites de J.J. Milteau n’est pas de nous présenter, à côté de ces signatures prestigieuses, la relève de l’instrument avec les virtuoses et les créateurs que sont Greg Szlapczynski ("Moody") ou Eric Chafer ("Intro"), auteur d’un instrument personnel à l’accordage unique. Rarement hommage aussi complet et aussi éclectique fut rendu à l’harmonica.


Coltrane : My favorite things
John Coltrane enregistre beaucoup en octobre 1960. Trois séances de studio vont lui permettre de sortir trois albums. My Favorite Things est l’un d’entre eux. Depuis le début de l’été, Coltrane possède un nouveau quartette, le bon, celui qui lui permettra d’aller plus loin, jusqu’au bout de sa quête. Il travaille aussi le soprano, un instrument qui lui rappelle l’Afrique et abandonne les gammes majeures et mineures pour improviser sur des modes, ce que font depuis des siècles les musiciens arabes, africains et indiens. Depuis mai, il joue souvent à la Jazz Gallery, un nouveau club de New York. Un soir, un habitué du lieu lui tend une partition, celle de "My Favorite Things", une valse écrite par Richard Rogers et qu’interprète Julie Andrews dans la comédie musicale du même nom. Séduit, Coltrane l’enregistre au soprano, lui donnant le son nasillard du zoukra, sorte de hautbois d’Afrique du Nord. Ce thème, qu’il reprendra souvent, fait partie de sa légende.


James Taylor : Sweet Baby james
L’album qui a lancé un millier de chanteurs/compositeurs au grand cœur, Sweet Baby James peut éventuellement être considéré comme la première salve de la douce révolution du début des années 70. Réfugié sur le label Apple des Beatles, James Taylor décrocha un énorme succès commercial avec Sweet Baby James en mettant en avant sa guitare acoustique et son chant apaisant avec un accompagnement tranquille (notamment l’autre grande chanteuse/compositrice révolutionnaire Carole King au piano), et surtout grâce à ses compositions qui réunissent des influences folk, soul et rock. "Fire And Rain" reste la chanson emblématique des débuts de James Taylor.
Elle le propulsa dans le Top 10 et donna le ton à un son populaire des années 70.


Norah Jones : feels like home
Avant de se ruer tête baissée sur le deuxième album de la jeune prodige du jazz vocal, il faut savoir une chose : elle a changé. Et au risque (bien ça, les artistes qui prennent des risques !) de dérouter – un peu – les millions de fans acquis aux douceurs jazzy de Come Away With Me, Norah Jones revient avec un disque délicatement country. Suavement blues. Et beaucoup moins consensuel et jazz. Avec elle, un groupe de cordes, sobre et élégant. Juste des guitares, une contrebasse, touches de piano, caresse de l’accordéon, et un jeu de batterie mat, rond. Norah Jones libère alors cette voix bohémienne, éclatante et pure. Et c’est vrai que l’on pense davantage à des filles comme Allison Moorer ou Toni Price qu’à Diana Krall. À peine si elle (s’)autorise une digression au piano à la fin de "Above Ground". Pour l’ensemble, la New-Yorkaise – élevée au Texas, et ça s’entend ! – diffuse ses sortilèges sous forme de rubans mélodiques aux teintes de crépuscule paisible. Qu’elle adapte "Be Here To Love Me" composé par Townes Van Zandt – songwriter culte et texan –, ou "The Long Way Home" – du couple K. Brennan-Tom Waits – avec une basse surgie des grandes heures de Johnny Cash, Norah Jones ne cesse d’inviter l’auditeur à partager son monde.

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