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Lucinda Williams : Essence
Alors que son ami et précédent producteur, Steve Earle, publiait un album sur la transcendance, Lucinda Williams écrivait les chansons de son petit dernier, baptisé Essence. Nous sommes, avec de tels artistes, au plus près de la vision artistique dont peut être capable un musicien que l’on qualifiera par commodité de folk. Le folk étant le genre musical qui s’intéresse le plus à la vie des gens ( the folks…). Or, aujourd’hui, en dehors de Lucinda Williams et de ses peintures au trait de la personne humaine, on peine à trouver dans ce domaine des concurrents crédibles. C’est que Lucinda, avec sa voix enrouée, libère tellement d’émotion que l’auditeur même non anglophone est frappé, sans réaliser ce qui lui arrive. Cet album arrive à point nommé pour souligner combien de telles chansons, douloureuses et chargées d’espoir, sont vitales. L’exigence de Miss Williams la conduit à s’entourer des hommes les plus près de son langage pur. C’est ainsi que l’on entend ici des guitares d’apparat, loin du clinquant des studios en son surround, au service de compositions à la force mélodique imparable. On n’écoute pas une chanson comme "Essence" impunément. Les autres sont tout aussi prédatrices. Les âmes sensibles sont prévenues.


Raphael : Hôtel de l’univers
Une mère argentine et un père moitié russe, moitié marocain, Raphael a grandi à Paris où il a commencé le piano à l’âge de quatre ans. C’est peut-être pour cela qu’il préfère parler de musique et uniquement de musique. Le jeune artiste renoue avec la tradition du song-writing à l’américaine. À la fois revendicatif ("Choisis ton camp") et tendre ("T’apporter mon amour", "Libre service"), il nous entraîne dès les premières secondes sur de haletants accords de guitare. Et ce n’est pas un hasard si son premier album vibre autour de réminiscences pop et rock. Plongé très jeune dans l’univers de Bowie, Iggy et autres Lou Reed, Raphael décline ses compositions sur d’étourdissants gimmicks (qui rappellent de temps à autre, le déferlement électrique du groupe Noir Désir). Avec une mention toute spéciale pour "Cela nous aurait suffi" qui sent le tube à plein nez. Qu’on se le dise.


Kyoto Jazz : Spirit of the sun
Le duo japonais Kyoto Jazz Massive s’est fait remarquer auprès des spécialistes avec quelques maxis où sa conception moderne de l’héritage jazz fusion s’exprimait en toute liberté. C’est donc tout naturellement qu’on s’attendait à voir débarquer le groupe avec un album. C’est aujourd’hui chose faite avec "Spirit Of The Sun" qui, comme son titre le suggère, nous darde de ses 11 morceaux radieux et chaleureux. Malgré leurs origines nipponnes, c’est plutôt aux sources de la scène West London et broken beat anglaise que Shuya et Yoshihiro Okino puisent leur inspiration. Dans le droit fil de leurs compatriotes U.F.O. et, plus récemment, Su-Pakah-Pooh, ou des Allemands de Jazzanova et Trüby Trio (avec qui ils partagent le même label), les deux frères se sont attachés les services de quelques vocalistes (homme et femme) qui viennent poser leurs timbres chaleureux sur des compositions langoureuses, descendantes directes du soul-jazz-funk des seventies.


Jack Johnson : On and on
Deux ans après ses débuts multi-platinés, avec l’album Brushfire Fairytales produit par J.-P Plunier, (l’alter égo de Ben Harper), Jack Johnson, offre une deuxième fournée de bonnes vibrations aux amateurs de paix et de sérénité. Comme l’ex skater Tommy Guerrero, ce natif de Hawaï ex-surfer professionnel aime les ballades mi funk, mi blues (parfois parfumées reggae "The Horizon Has Been Defeated") polies à la guitare acoustique, et enrobées d’une basse discrète et de percussions.
Ses chansons nonchalantes confiées aux bons soins de Mario Caldato Jr. (Beastie Boys, Beck, Jon Spencer Blues Explosion), Jack Johnson s’adonne à quelques considérations sur la guerre ("Traffic in the Sky"), le monde capitaliste ("The Horizon Has Been Defeated") et la jeunesse ("Cookie Jar").     Puis, il retourne dans son hamac face à la mer bleue. Humaniste mais pas prêcheur.

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