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A Celebration Of Latin Jazz
Depuis quelques années, le jazz latino a droit de cité en tant que tel et les nombreux enregistrements réalisés par les précurseurs, devenus les bons génies du genre, en ont fait un style à part entière. L’idée première de Dizzy et de Chano Pozzo a fait son chemin et semble aboutir ici dans cette réunion de stars du latino-jazz. Arturo Sandoval, Claudio Roditi, Hilton Ruiz, Steve Turre, Ray Vega, Pete Escovedo, Oscar D’Leon pour ne citer qu’eux, accompagnés par quelques belles pointures "nordistes" à l’image de Chick Corea ou de Tim Garland, s’en donnent à coeur joie d’une fantaisie cuivrée et percussive sur des thèmes locaux sans oublier l’inévitable "Night In Tunisia". Même si l’ensemble a des relents du United Nation Orchestra du regretté Dizzy (mais n’est-ce pas une solide parenté ?), il en ressort une fraîcheur et une spontanéité joviales. Cette grande formation baptisée Latin Jazz All Stars Big Band répond à l’attente, ça virevolte, c’est exubérant et le tout dans un ensemble parfaitement rythmé. Jam Miami c’est le carnaval de Rio sur fond de jazz, une redoutable machine qui use de la sauce latino, servie par une brigade couleur locale qui prend manifestement plaisir à faire monter la mayonnaise.


Tracks from the Story
L’épopée TC Matic (1980-1986) définitivement tatouée au cœur de l’histoire musicale de la pop belge, Arno, éternel voyageur, continue son périple musical entre bastringue bluesy et spleen poétique. Son itinéraire bégaie depuis 30 ans autour de tranches de vie livrées sans emballage, celles d’écorchés luttant contre le désenchantement au rythme d’une valse folle sur laquelle souffle le grand vent de la sincérité. A 50 ans, Arno n’est pas près de se perdre dans le mol embourgeoisement qui mène au cimetière des éléphants. Bateleur-né, le bonhomme carbure en surrégime émotionnel et coule son blues dans des claviers biscornus et des guitares cradingues. Il a travaillé avec Hoger Czukay (bassiste de Can), Craig Armstrong (de la famille du trip-hop de Bristol) ou Mario Caldato Jr (de la branche Beastie Boys), et continue d’affirmer sa passion de toujours, le blues de Robert Johnson, Lightnin’ Hopkins ou Sonny Williamson. Ainsi, Arno multiplie les expériences avec Charles & Les Lulus, Charles & The White Trash European Blues Connection ou les Subrovnicks. "Putain, putain, c’est vachement bien."


Maria Callas MadamA Butterfly
Herbert von Karajan, on le sait, fut un amoureux comblé des voix et du beau son. Avec les partitions de Puccini, il trouve un lieu d’expression hors du commun. Pour cette Madame Butterfly que Puccini a dotée d’une partition orchestrale souvent qualifiée d’hédoniste, le chef autrichien conduit plus un oratorio qu’un opéra italien. Autant dire que la présence de Maria Callas ajoute à la magie de cet enregistrement. Nous avons là l’une des versions les plus pleines de toute la discographie.


The Man Comes Around
À soixante-dix balais, Johnny Cash a passé l’âge des simulacres. Et c’est devant Dieu et personne d’autre qu’il consent à s’expliquer.
C’est bien le ton de la confession qu’il a adopté dans ses albums depuis American Recordings en 1994. La série, toujours produite par Rick Rubin, comporte désormais ce quatrième volet. Mais "The Man Comes Around" sous ses allures de chant du cygne (noir) montre en même temps une irrésistible force de survie face à la maladie. Alors il multiplie les messages ("We’ll Meet Again"). Il livre aussi les visions de l’au-delà qui le hantent, comme s’il était passé de l’autre coté pour revenir chez les vivants raconter ce qu’il a vu ("The Man Comes Around"). Il reprend à son compte "Hung My Head" de Sting, et réclame pardon ("Personal Jesus" la chanson de Depeche Mode, qui devient autobiographique). La puissance de l’interprétation vous percute et par moments, même, c’est le Cash le plus déterminé qui se fait entendre ("Sam Hall"). On ne s’étonne plus dès lors de trouver "I’m So Lonesome I Could Cry" de Hank Williams côte à côte avec "Hurt" de Nine Inch Nails.
L’homme en noir montre plus que jamais avec cet album pourquoi toute sa vie il a porté son propre deuil.

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