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Graig Armstrong : As If To nothing
Depuis The Space Between Us, Craig Armstrong semblait avoir été définitivement happé par l’industrie du cinéma pour lui confectionner des BO sur mesure (Golden Eye, Batman Forever, Mission Impossible…). Ce second album débute par de petits bleeps dissonants qui se laissent progressivement envahir par des nappes de cordes. L’ambiance de "Ruthless Gravity" est mélancolique et un brin dramatique. Il faut avouer que l’Écossais n’a pas son pareil pour distiller de l’émotion à travers sa musique. Avec la voix d’Evan Dando (ex-The Lemonheads) et quelques arpèges de guitare acoustique, "Wake Up In New York" prend des allures de chanson folk-pop panoramique. Frissons garantis. "Miracle", quant à elle, s’aventure du côté de l’Inde avec les vocalises enchanteresses de Swati Natekar et les discrètes textures synthétiques de Mogwai. "Amber" se veut être la rencontre de l’Occident et d’une certaine forme de musique symphonique agrémentée d’une ligne de basse acid. Un instrumental qui pourrait sans peine figurer au programme de la série Café Del Mar. Sur "Waltz", la chanteuse allemande Antye Greie-Fuchs laisse de côté son groupe (Laub sur le label Kitty-Yo) pour venir poser des bribes de voix désincarnées sur un tapis de cordes parasitées par quelques grésillements incongrus. Surprenant. Si vous rajoutez à cela les brillantes apparitions du spécialiste en breakbeats Rupert Parkes (alias Photek) et du duo Alpha pour le langoureux "Sea Song", "As If To Nothing" sera la bande-son idéale de votre vie quotidienne. Un peu de tendresse dans un monde de brutes, ça ne se refuse pas.


Groove armada : Goodbye Country
Dieu que cette machine tourne rond ! Au point que des figures aussi emblématiques que Ritchie Howens, Jery The Damaja ou Nile Rodgers y apportent leur caution. Et leur talent. Ce troisième album d’un des groupes phares de la scène club londonienne avance inexorablement pour porter un rythme que l’homme ne peut vaincre. C’est Andy Cato et Tom Findlay qui dirigent cette Armada au service de la dance et c’est entouré d’une équipe vouée à la cause que s’installe l’irrésistible Groove. On mixe le ragga-muffin et le funk (avec M.A.D. and M.G. aux vocaux ça donne "Superstylin"). On mêle la soul et le R&B et, sur les vocaux de velours de Celetia Martin, on découvre médusé "My Friend" et sa mélodie fortement accrocheuse. C’est un vrai complot organisé avec méthode et un peu de folie aussi, où Groove Armada dirige les composantes multiples de sa musique – de la disco, de la house et tout ce qui est entre… vers un projet évident : faire bouger les corps en agissant sur les esprits (la voix de Ritchie Havens sur "Healing" est incantatoire et hypnotique). Résistera qui pourra…


Silence : Blindside
Moins barré que ses compatriotes suédois versés dans le black metal le plus énervé, Blindside n’en est pas moins un de ces groupes puissants qui ne peuvent laisser indifférent. Sa singularité réside dans sa paradoxale finesse, ainsi que dans la complexité des arrangements par rapport au registre abordé. Avec le chanteur de Payable On Death comme figure tutélaire, et son producteur comme mentor qui tire les ficelles dans l’ombre, Blindside s’impose grâce à des titres énergiques auxquels il est difficile de résister ("Pitful" et "Caught A Glimpse" notamment), d’autant qu’ils sont ponctués par des plages de répit dont "Painting" est le meilleur exemple. À découvrir.


Daily Lama : De-Phazz
Morceau acid-jazz avec rappeur, pop façon Morcheeba, soul, interludes zouk… De Phazz joue la carte de la diversification en ouvrant son horizon à de nouveaux genres, sans perdre de vue pour autant son style de prédilection, le jazz "grand public", longtemps qualifiée d’"easy listening" et désormais inclus dans l’appellation générique "Lounge". Daily Lama est également un disque polyglotte. En effet, avec des paroles tantôt en allemand tantôt en tahitien, en français ou en anglais, l’interprétation est, elle aussi, éclectique, affirmant délibérément une orientation internationale… Avec sa dominante de trip-hop jazzy aux influences tango ou bossa façon Pink Martini, l’ensemble reste cosy et rappelle bien souvent les compositions des Boys from Brazil (l’autre visage de Gotan Project).
Mais si l’on trouve effectivement de nombreuses ressemblances avec d’autres formations de la même famille, entre chansons kitsch et ballades funky, la fraîcheur est tout de même au rendez-vous de ce 3e opus qui n’apporte pourtant rien de particulièrement nouveau. Ce qui séduit, en fait, c’est la variété des titres et l’importance accordée aux partitions "jouées" plus que programmées. Ainsi, c’est un véritable album écrit que signe De Phazz, composé d’une grande majorité de chansons à textes, légères et groovy.

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