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Wilco : Being There
Dès ce deuxième (double) album, Wilco s’installe dans l’histoire. Un disque puissant, sincère, crédible, et sans racolage. Wilco fait ici une oeuvre durable, étalant sur plus d’une heure et quart de musique sa vision du rock’n’roll mutant de cette fin de XXe siècle. C’est Jeff Tweedy, le cerveau de la bande, qui avance en première ligne, avec un regard très personnel sur l’existence. Il affectionne des tempos plutôt légers, et on sent bien que le format choisi – double, donc – n’est pas que par coïncidence, identique à celui du "Exile On Main Street" des Rolling Stones. Wilco, catalogué dès sa création dans le genre country alternative, ne rejette pas totalement cette étiquette non plus. Des chansons comme "Someday Seven" ou "Far Far Away" ne cachent d’ailleurs rien de leurs parfums campagnards. On s’y promène en compagnie de violons, de pedal-steel et de dobro de facture authentique. Mais lorsque Tweedy et les siens tournent le bouton de volume, l’illusion de plages oubliées des Stones est totale. Surtout quand montent les cuivres et que s’élève la slide guitare ("Outta Mind"). Being There est également pour Tweedy prétexte à quelques expériences sonores décoiffantes et à laisser aller son penchant pour les harmonies vocales à la Beatles. Les Beatles, les Stones, la country, peut-on espérer auspices plus engageants pour cet album de référence.


Wilco : Yankee Hotel Foxtrot
Le parcours de Wilco depuis des débuts plus orthodoxes jusqu’à cet album "risqué" correspond aussi aux turbulences internes que le groupe a traversées. Et au moment où finalement paraît Yankee Hotel Foxtrot, les 4 garçons en ont déjà un autre en boîte ! Il faut souligner combien, depuis un premier album fondateur centré autour de quelques fondamentaux du rock patrimonial, Wilco n’a jamais proposé deux fois le même disque. Au point de menacer même l’identité musicale du groupe, qui pourrait paraître dispersé devant tant de variété. Yankee Hotel Foxtrot aura, de plus, avant de paraître, été rejeté par la maison de disques. Pas assez commercial… La bonne blague. Alors que ce disque s’ouvre sur un véritable hymne d’amour ("I Am Trying to Break Your Heart") pétri de cordes et de claviers en grappe. Et jusqu’au bout, Jay Bennett relève des défis, proposant des compositions atypiques pour un groupe comme Wilco, avec "Poor Places" ou le surprenant "Radio Cure". Associé au talent de metteur en forme de Jeff Tweedy, cet album délivre le testament ambitieux d’un groupe qui, s’il n’est pas mort, n’est plus le même après le départ de Bennett et de Ken Coomer, le batteur.


Giant Sand : Chore of enchantement
Country Rock Des Temps Modernes – Les albums de Giant Sand se suivent à vive allure sans jamais se ressembler. Le petit nouveau joue la carte du dépouillement et de l’intimisme, à tel point qu’à côté, les disques de Palace sont des monuments de débauches sonores en tous genres ! Anyway, cela fonctionne parfaitement et jamais l’auditeur n’aura la désagréable impression de s’être fait plumer, tant est grand le talent de Howe Gelb (je vous défie de prononcer ce nom vite et à voix haute), seul maître à bord du navire Giant Sand (mais qu’est donc devenue la goëlette The Band Of Rocky Blanchette, qui naviguait naguère sur les mêmes eaux remuantes et avec le même capitaine ?) en compagnie de ses complices de toujours John Convertino (qui officie également chez les excellents Calexico) et Joe Burns. Sur les titres «Raw» et «Dirty From The Rain», Howe laisse trainer sa voix à un point tel qu’on jurerait qu’il a invité Lou Reed à vocaliser et c’est du plus bel effet. Le reste du temps, les compositions coulent tel du miel dans des oreilles affamées et les guitares plus ou moins électriques se taillent la part du fameux lion dont on parle toujours, mais qu’on ne voit qu’en de très rares occasions.


Faith Hill : Breathe
De son Mississipi natal, vient de débarquer la jolie Faith Hill qui s’était hissée en l’espace d’un album tout en haut des charts country, notamment avec une reprise désormais célèbre du "Piece Of My Heart" de Janis Joplin. Avec ce quatrième album, aux 13 titres magnifiquement interprétés par sa voix exceptionnelle, augmenté de rythmiques dancefloor à l’image du single "The Way You Love Me", Faith Hill pose ici l’album de sa consécration, sur lequel ses vocalises, tantôt coléreuses et tantôt suaves, donnent à ses morceaux une atmosphère enchanteresse qui se marie parfaitement avec ses orchestrations grandioses ("Breathe"). Évoquant tour à tour l’amour ("Love Is A Sweet Thing"), les déceptions et les aléas de la vie, ce nouvel album inscrit la chanteuse dans une dynamique qui lui est propre, ce dont peu d’artistes peuvent se vanter. En l’espace de deux albums, la jolie blonde du Sud américain s’est créé un style sur mesure, une touche sonore, reconnaissable à la première écoute, qui ne manquera pas d’épater, une fois de plus, les amateurs de vocalises lyriques. Entre ballades sensuelles ("I’m Not In Love") et titres plus rock soutenus par une rythmique cassante ("Bringing Out The Elvis"), Breathe risque de rester longtemps un incontournable !

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