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Craig Armstrong : As If To nothing
Depuis The Space Between Us, Craig Armstrong semblait avoir été définitivement happé par l’industrie du cinéma pour lui confectionner des BO sur mesure (Golden Eye, Batman Forever, Mission Impossible…). Eh bien que nenni ! Ce second album débute par de petits bleeps dissonants qui se laissent progressivement envahir par des nappes de cordes. L’ambiance de "Ruthless Gravity" est mélancolique et un brin dramatique. Il faut avouer que l’Écossais n’a pas son pareil pour distiller de l’émotion à travers sa musique. Avec la voix d’Evan Dando (ex-The Lemonheads) et quelques arpèges de guitare acoustique, "Wake Up In New York" prend des allures de chanson folk-pop panoramique. Frissons garantis. "Miracle", quant à elle, s’aventure du côté de l’Inde avec les vocalises enchanteresses de Swati Natekar et les discrètes textures synthétiques de Mogwai. "Amber" se veut être la rencontre de l’Occident et d’une certaine forme de musique symphonique agrémentée d’une ligne de basse acid. Un instrumental qui pourrait sans peine figurer au programme de la série Café Del Mar. Sur "Waltz", la chanteuse allemande Antye Greie-Fuchs laisse de côté son groupe (Laub sur le label Kitty-Yo) pour venir poser des bribes de voix désincarnées sur un tapis de cordes parasitées par quelques grésillements incongrus. Surprenant. Si vous rajoutez à cela les brillantes apparitions du spécialiste en breakbeats Rupert Parkes (alias Photek) et du duo Alpha pour le langoureux "Sea Song", "As If To Nothing" sera la bande-son idéale de votre vie quotidienne. Un peu de tendresse dans un monde de brutes, ça ne se refuse pas.


Stéphane Pompugnac : Hôtel Costes 6
Plus tellement présent à l’hôtel Costes depuis l’essor de sa carrière internationale, Stéphane Pompougnac, désormais auteur compositeur (cf.Living On The Edge, son 1er album) n’en demeure pas moins le fidèle concepteur des compilations du lieu, en tachant de maintenir le niveau. Une fois de plus c’est chose faite avec ce 6e volume de la série. En effet, sélectionnant des titres plutôt récents (parus en 2002 et 2003), le prince de la lounge reste visiblement impliqué et il continue de nous faire voyager ou, tout au moins, de nous bercer avec cette bande-son chaleureuse aux accents tantôt latins, tantôt plus dubby, entre deep house et soul mais toujours atmosphérique. On retrouve donc une palette de titres non mixés certes, mais rassemblés en un patchwork d’une réelle homogénéité. Notre José Padilla à nous est loin de perdre la main… au contraire.


Royksopp : Melody A.M
Torbjorn Brundtland et Svein Berge de Röyksopp (il n’est facile de mémoriser leurs noms !) sont loin d’être des inconnus au moment où ils enregistrent ce premier disque. Ils font même partie des piliers de la scène électronique scandinave remarqués par Biosphere et le label Tellé. Une scène décidément très vivace, proche de l’écurie Rune Grammofon et du pianiste Bugge Wesseltoft pour les plus connus. D’ailleurs, on retrouve sur Melody A.M. d’anciens Kings Of Convenience et Bel Canto, œuvrant à échafauder un son qui n’a rien de mécanique, évoquant çà et là les musiques de films d’Ennio Morricone et Francis Lai avec un sens du minimalisme hérité de Brian Eno et Erik Satie revu et corrigé par le dub ! L’élégance est ici le maître mot de ces rythmes programmés mais ô combien organiques.


The Beatles : 1967-1970
Après "Le Rouge" qui couvre la période 1962/1966, cette compilation, surnommée "Le Bleu", s’intéresse aux années 1967 à 1970. La recette concoctée par le producteur George Martin évolue. Le top du top, réuni sur un même disque, résume la seconde moitié de la carrière des Fab Four, celle qui enchaîne Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band ,Magical Mystery Tour ,Yellow Submarine ,Abbey Road et Let It Be . Par quelque bout que vous la preniez, cette double compilation s’avère exceptionnelle. Même s’il n’y a pas d’archives inédites (ce n’est pas le but), tous les albums contribuent à rendre témoignage d’une oeuvre au-delà de tous les superlatifs : souvent copiée jamais égalée. Des heures de (re)découvertes en perspective s’offrent à vous avec le répertoire d’un groupe qui, avec les Rolling Stones, fut certainement celui qui aura le plus marqué l’histoire du rock. Que dire de plus ?

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