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Yann Tiersen : c’était ici
Comment ne pas se laisser porter par le charme et la puissance de cette nouvelle œuvre de Yann Tiersen ? Car il s’agit bien ici d’œuvres musicales. De celles qui vous enivrent et vous transportent vers d’autres rives. Yann Tiersen est incontestablement passé maître dans l’art de composer des morceaux où modernité et classicisme se côtoient sans jamais se perdre. 2001-2002 auront été ses années, avec la sortie consécutive de deux albums L’Absente (150.000 copies écoulées dans l’Hexagone) et Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (vendu à plus de 1 million d’exemplaires dont 700.000 en France). Ce double album, enregistré en public en février 2002 à la Cité de la Musique avec l’ensemble orchestral Synaxis et dirigé par Guillaume Bourgogne (46 musiciens au total, sans compter les invités comme Les Têtes Raides, Dominique A, Lisa Germano, Claire Pichet…) est l’œuvre la plus poignante et la plus ambitieuse que le compositeur ait signée. Majestueux, sensible et indolent, ce double album contient un équilibre entre les silences et les envolées lyriques de la scène qui permet de retrouver la magie vécue ce jour-là par les spectateurs de la Cité de la Musique. C’était là-bas, mais c’est comme si c’était ici, devant nous. Décidemment, les groupes français modernes sont bien plus talentueux que leurs glorieux ancêtres, dont le seul mérite, en fait, consistait à défricher des territoires restés inconnus jusque là ; sûr que les Triangle, Dynasty Crisis et autres Trust ont une sale mine à côté des prodiges en herbe de l’an 2000, désolé pour eux ! Ces quatre Parisiens ont acheté un shaker géant et ils y ont fait rentrer, de gré ou de force, des entités aussi différentes que Serge Gainsbourg, AC/DC, les meilleurs moments de la House, Michaël Jackson, un peu de country, Gil Scott-Heron, un soupçon de blues, Bob Dylan et Ennio Morricone.


Mano Negra : Patchanka
Si le parcours de Manu Chao n’avait été jalonné d’oeuvres décisives, on serait tenté de prêter à cet album des vertus fondatrices. Patchanka, premier disque de La Mano Negra, organisation de bruit et de fureur scénique menée par Mano Chao fut cependant bel et bien l’acte de naissance d’une musique, d’un style de vie, d’un courant dit alternatif. Après l’avènement de cet album et des concerts apocalyptiques qui s’ensuivirent, non, rien ne fut plus pareil. Véritable manifeste d’un nouveau mode, on y décèle les ferments de l’inspiration de celui qui est encore Manuel en cette année 1988. Mais sa manière – par exemple – de traiter le classique de rockabilly "Rock Island Line" comme une rencontre entre le groupe Free et Public Enemy en dit long sur ses intentions. Il y a aussi ces vibrations latino-punk, comme "Noche De Acción", ou "Indios de Barcelona" (la ville devint son QG par la suite) et ces torrides compositions en espagnol, telle "Mala Vida", un des plus beaux titres de Manu et de la Mano. La Patchanka, selon la Mano, était la forme de fête échevelée que le groupe inventait à chaque nouveau concert. Cet album montre combien les braises sont encore rouges.


Louise Attaque : nouvel album
Le succès de ce quarteron français a surpris tout le monde à la fin des années 90. D’autant que si la scène, où le groupe se donne à fond, y est pour quelque chose, il ne faudrait toutefois pas oublier les qualités de ce premier disque éponyme. Pour ce qui est de distiller un folk rock tendu à l’instrumentation dépouillée et originale (guitares, violon, etc.), ces quatre-là s’y entendent à merveille. La fière allure de l’ensemble reflète la simplicité qu’ils tiennent de leur idole américaine, le groupe Violent Femmes dont le leader, le chanteur guitariste Gordon Gano, a produit Louise Attaque. Ces Bretons ont tout digéré de ce qui fait l’essence de la musique authentique américaine : le folk, le blues et la country.
Quelques morceaux émergent comme "J’t’emmène au vent" et "Cracher nos souhaits" où la voix de Gaëtan Roussel rappelle celle de Jacques Brel. Leur second disque Comme on a dit confirme tout le bien qu’il faut penser d’eux et en fait, avec Tue Loup, un des meilleurs groupes français de la fin des 90’s.


Pheonix : united
Meilleur disque seventies sorti en 2000, United consacre ce groupe parisien roi des radios FM californiennes durant la fin des années 70 et le début des années 80, tant ces influences sont ici présentes et bien digérées. Phoenix brille donc de mille feux sur la pop/rock française, non loin de ses amis de Air avec qui la formation partage cet amour des sections rythmiques groovy d’antan tout comme une passion pour les synthés vintage. Le single "Too Young" ici présent est un chef-d’oeuvre de précision et de concision musicale, les harmonies vocales appartenant également au meilleur de la pop de jadis. Grande classe.

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