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Maxime Le forrestier : L’écho des étoiles
Cinq ans après Passer ma route, Le Forestier nous offre un nouveau bouquet de compositions originales, produit par ses deux vieux complices Jean-Félix Lalanne et Jean-Pierre Sabar. Fidèle à son habitude d’habiller des mélodies d’apparence très classiques, avec des arrangements et des sons venus d’ailleurs (Cuba, Brésil, Afrique…), il signe là un album séduisant : d’abord parce qu’il n’a rien perdu du velours de sa voix lasse, ni de son phrasé, entre tendresse et douce ironie. Ensuite, parce qu’il reste un des rares amoureux des vrais textes, ambigus, voire mystérieux : pour ce faire, il s’est entouré du facétieux Boris Bergman, de Joëlle Kopf (cf. Kaas, Cookie Dingler) et du touche-à-tout Jean-François Deniau (cf. "Les Chevaux rebelles", initialement destinée au chanteur berbère assassiné, Lounes Matoub). À noter également la participation de Jean-Jacques Goldman à la composition de "Affaire d’État, mais aussi de Zazie et Marc Lavoine aux chœurs (cf. "Horizontale" et "La Guitare à Paul" dédiée à Paul Personne). De l’amusant "Minimum que Minnie m’aime", à l’excellent "J’aurai ta peau" ou au dérangeant "L’Homme au bouquet de fleurs" (premier single), Maxime n’a pas son pareil pour jouer sur les mots avec insolence et poésie, tout en installant une réelle complicité avec son auditoire. Bref, entre réalisme et utopie, Le Forestier réussit le tour de force de garder les pieds sur terre et la tête… dans les étoiles !


John Coltrane : My Favorite things
John Coltrane enregistre beaucoup en octobre 1960. Trois séances de studio vont lui permettre de sortir trois albums. My Favorite Things est l’un d’entre eux. Depuis le début de l’été Coltrane possède un nouveau quartette, le bon, celui qui lui permettra d’aller plus loin, jusqu’au bout de sa quête. Il travaille aussi le soprano, un instrument qui lui rappelle l’Afrique et abandonne les gammes majeures et mineures pour improviser sur des modes, ce que font depuis des siècles les musiciens arabes, africains et indiens. Depuis mai, il joue souvent à la Jazz Gallery, un nouveau club de New York. Un soir, un habitué du lieu lui tend une partition, celle de "My Favorite Things", une valse écrite par Richard Rogers et qu’interprète Julie Andrews dans la comédie musicale du même nom. Séduit, Coltrane l’enregistre au soprano, lui donnant le son nasillard du zoukra, sorte de hautbois d’Afrique du Nord. Ce thème, qu’il reprendra souvent, fait partie de sa légende.


Cesaria Evora : Rogamar
Le dernier album de Cesaria Evora est un bijou. Les admirateurs de la diva aux pieds nus seront ravis. Ils retrouveront ces rythmes mélodieux qui font bercer les amoureux du chant créole. Le registre de la chanteuse ne varie pas depuis ses débuts et c’est ce qui fait son succès aujourd’hui avec "Rogamar". Elle chante le Cap-Vert, encore et toujours, mais ses thèmes sont universels et ils savent si bien toucher l’auditeur au coeur. L’orchestration est plus minimaliste que dans ses autres albums et le résultat vaut le détour. Cesaria Evora ne se sépare jamais de son sens du rythme et de sa voix chaleureuse.

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