Edition : L’origine arabe de mots en darija

Edition : L’origine arabe de mots en darija

Les différentes «Origines du dialecte marocain» (Ossoul addarija lmaghribia) font le titre d’une nouvelle publication signée Hassan Manyani. Un livre nouvellement édité par les propres moyens de l’auteur et dont le concept lui trottait dans la tête depuis belle lurette.

«L’idée m’est venue tout au début quand je parlais la darija et commencé à maîtriser l’arabe classique. Je me posais des questions sur certains termes bizarres et je me rendais compte que beaucoup de mots étaient issus de l’arabe classique», raconte-t-il. Dans ce sens, Hassan Manyani conduit l’exemple du mot «Hssifa» en darija qui a pour équivalent en langue arabe le vocable «Hassifa», soit la haine. L’auteur donne également l’exemple de la phrase «Dabbara Hassifatane» qui signifie «Dabbara makidatane», soit monter un complot. «Je comprenais le sens lorsque je faisais la comparaison. Mieux encore, quand on fait des recherches, on est surpris. En tout cas, j’ai appris que le darija est fait de l’arabe classique», enchaîne l’auteur.

D’après ses dires, la question qu’il se posait constamment tournait autour de l’origine des mots. D’où le titre de son livre «Origines du dialecte marocain».

Si Hassan Manyani entreprend une telle démarche, c’est pour plusieurs raisons. Il veut ainsi «rendre hommage au dialecte marocain qui est mal compris par les Arabes. La darija est une source de gêne pour les Marocains eux-mêmes. Or cela ne doit pas être le cas. Quand ils communiquent avec d’autres Arabes, ils ont tendance à parler la langue locale de ceux-ci». De plus, notre langue est peut-être plus riche que l’égyptien à ses yeux.

Par l’occasion, l’auteur n’hésite pas à remonter le temps. Il rappelle que les Phéniciens qui, lorsqu’ils ont fait leur entrée au Maroc, ont introduit des mots en arabe auxquels empruntent d’autres langues et dialectes comme l’amazigh.

Dans son livre, qui est en fait un mini-dictionnaire de 1.420 mots en darija, Hassan Manyani cite également le mot «balcon» que les Marocains appellent «barco». Cependant, ce «barco» signifie bateau dans d’autres régions du Royaume. «C’est une chance de parler selon un contexte», avance l’auteur dans ce sens. D’ailleurs, outre ce livre qui lui a pris 4 ans, il se penche sur un dictionnaire des régions. L’objectif étant pour lui d’avoir le maximum de termes. «J’entrerai en contact avec des éditeurs afin d’adopter ce travail», conclut l’auteur, également journaliste de profession.

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