Édition, un secteur encore jeune

Édition, un secteur encore jeune

Le secteur de l’édition au Maroc se distingue par une production variée englobant, entre autres, le roman, la poésie, le théâtre et les livres pour enfants. Considéré comme une profession encore jeune au Maroc, ce secteur qui cible des lecteurs d’âges différents demeure peu développé. Ayant tous en commun leur amour pour la littérature, la plupart des éditeurs, pour ne pas dire tous, ont été formés sur le tas. «C’est un métier très difficile qui nous demande de fournir beaucoup d’effort et d’engagement, nous avons l’impression de mener une vie de militant en continuant à pratiquer cette profession», indique Saïd Chraïbi, responsable des éditions Marsam, faisant remarquer que le secteur de l’édition ne compte, actuellement, qu’une centaine de maisons dont une vingtaine d’entre- elles est plus dynamique ne produit en moyenne plus d’une dizaine de livres. «La majorité de ces maisons d’édition est basée à Casablanca, suivie de Rabat et dans une moindre mesure à Marrakech», précise M. Chraïbi. Par ailleurs, le nombre de lecteurs demeure faible en comparaison avec d’autres pays en particulier arabes. «Le secteur de l’édition au Maroc souffre d’un manque d’intérêt pour le livre. Je viens de participer au dernier Salon international du livre de Genève, qui a connu un engouement parmi le public de tous âges confondus», affirme M. Chraïbi.
Les éditeurs tentent de satisfaire les lecteurs marocains à travers une offre de lecture diversifiée. En plus du Saint Coran, «un grand nombre de Marocains optent pour les livres religieux. Le contenu de ces livres ne fait pas partie de la littérature», révèle Alain Gorius, responsable des Editions Al Manar. Ce dernier met l’accent sur la nécessité de développer le goût de la lecture chez l’élève depuis ses premières études primaires. «Il s’agit d’un travail de longue haleine, qui consiste notamment à encourager l’élève à lire à travers la mise en place des clubs de lecture et des bibliothèques bien fournies, à même de faire connaître à l’enfant le monde des livres», explique M. Gorius.
Même son de cloche chez M. Chraïbi, qui souligne l’importance du renforcement du nombre des bibliothèques municipales et de quartiers, ainsi que des maisons de jeunes au Maroc. Et en comparaison avec les autres pays, «les éditeurs au Maroc sont parmi les moins chers, mais le pouvoir d’achat du Marocain ne lui permet pas d’acheter un livre. Les bibliothèques publiques sont les seules à même de l’acquérir et le mettre surtout à la disposition des jeunes», dit-il. Ce dernier tient à préciser que l’élève a besoin d’un encadrement et un accompagnement dans son choix du livre et le développement de son goût de lecture. Il poursuit que les éditeurs doivent contribuer à cette action. «Nous devons nous mettre à cette action, en aidant les ONG et les associations, qui œuvrent dans ce domaine en leur offrant des livres ou en leur accordant un taux de remise de 50%», affirme M. Chraïbi. Malgré les difficultés précitées, les éditeurs sont optimistes en l’avenir de leur profession tout en exprimant leur volonté et leur engagement pour le développement du secteur de l’édition. Ils se disent prêt à continuer à batailler pour éditer un livre et faire de même pour sa promotion auprès du public à travers l’organisation de séances de signature et de lecture. Et les salons du livre dont ceux de Tanger et Casablanca sont parmi les rendez-vous très attendus pour les professionnels pour se rencontrer, s’approcher des auteurs et présenter leurs nouvelles publications au public. «Toutes ces actions vont de paire!», conclut M. Chraïbi.

Salon international de Tanger des livres et des arts
Le 15ème Salon international de Tanger (SIT) des livres et des arts se tient du 4 au 8 mai. Cet événement livresque se distingue par plusieurs nouveautés dont les expositions sur le complexe Tanger Med et l’ancien port de la ville, les concerts et spectacles. Organisés par l’Institut français de Tanger- Tétouan en partenariat avec l’Association Tanger région action culturelle (ATRAC), les travaux de ce quinzième salon se déroulent sous le thème «Les grands œuvre des villes ». Et selon les organisateurs, cette édition vise d’explorer les correspondances entre la création et la ville. Il est à noter que cette manifestation se distingue par un programme riche en activités organisées dans le cadre de la saison culturelle France- Maroc. Elle sera marquée par la participation des intervenants de marque marocains et étrangers ainsi que des élèves et étudiants de la région Tanger-Tétouan. Comme les années précédentes, ce salon connaîtra la participation de près d’une trentaine d’éditeurs et libraires, représentant le Maroc, la France et l’Espagne. A cet effet, les jardins du prestigieux Palais Mly Hafid seront réservés pour abriter les stands. La programmation de ce salon comporte aussi des conférences, des tables rondes et des signatures de livres, des concerts et des spectacles ainsi que des projections de films.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *