El Maleh rend hommage à Zafrani

El Maleh rend hommage à Zafrani

«Rendre hommage à Haïm Zafrani, c’est rendre hommage au fils d’Essaouira et au Juif marocain, qui a assumé son identité riche et plurielle dans toute sa plénitude ». Provenant d’un grand écrivain marocain, Edmond Amran El Maleh, cette phrase résume bel et bien l’objectif sous-jacent à l’hommage que compte rendre le Festival des Andalousies atlantiques, prévu du 30 septembre au 2 octobre à Essaouira, à l’une des figures contemporaines les plus emblématiques du Judaïsme marocain : l’érudit et grand historien, Haïm Zafrani.
« Haïm est le symbole même du Juif marocain qui, en sauvant le patrimoine juif de la déperdition, a sauvé du même coup une composante essentielle de la culture marocaine et administré la preuve irréfutable de la communion de destin entre le Judaïsme et l’Islam dans l’occident musulman », a ajouté M. El Maleh.
Un témoignage livré, mardi à Rabat, lors d’un point de presse consacré à la présentation du programme du Festival des Andalousies atlantiques et qui attire d’autant plus l’attention que c’est le même Edmond Amran El Maleh qui présidera un colloque sur la vie et l’oeuvre de Zafrani, le 1er octobre prochain. Un témoignage qui en dit long sur la valeur de Haïm Zafrani, ce membre de l’académie du Royaume du Maroc et professeur émérite de l’université de Paris 8 – où il avait dirigé le département de langue hébraïque et de civilisation juive- à qui l’on doit une bonne partie de notre connaissance de notre propre histoire. L’un de ses derniers ouvrages « 2000 ans de vie juive au Maroc », pour n’en citer que celui-là, constitue un précieux document de travail sur l’histoire de la présence juive dans le Royaume. Grand historien et connu pour son attachement à sa double culture juive et marocaine, Haïm Zafrani était titulaire d’un doctorat de recherche en études orientales, d’un diplôme d’arabe classique à l’université de Rabat et d’une licence en droit et sciences économiques. Il est par ailleurs l’auteur de quinze ouvrages et de plus de cent cinquante articles portant sur la pensée, la littérature et les langues juives en Occident musulman..
Né à Essaouira en 1922, il avait toujours exprimé une admiration sans limite pour l’Andalousie musulmane, une période presque mythique de l’âge d’or médiéval pendant laquelle les élites musulmanes et juives se rencontraient dans des espaces culturels de très haut niveau: philosophie, mystique et médecine, en plus d’autres sciences dans lesquelles les Juifs ont apporté une contribution appréciable.

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