Elia Suleiman reçoit le prix du jury

Une histoire d’amour se noue entre E.S (Elia Suleiman), un Palestinien qui vit à Jérusalem, et une Palestinienne, journaliste dans la ville de Ramallah (Manal Khader). Un jour, la femme est arrêtée au poste de contrôle militaire israélien situé entre les deux villes.
Les amants ne peuvent passer. Ils se réfugient alors dans un parking désert, à côté du check-point. Mêlant réalité documentaire tragique et fantaisie imaginaire, c’est avec une très grande liberté que le réalisateur de «Yadon ilaheyva» a voulu jouer sur le ton de l’humour noir. Même pour décrire la violence quotidienne qui a gangrené et déstructuré la société palestinienne.
«Nous, Palestiniens résidant en Israël, sommes des gens peureux. Inhibés. Nous ne sommes pas encore sortis du placard. Il y a une raison à notre raisonnement. Nous dissimulons notre côté sombre car notre côté sombre est le plus sombre de tous. nous redoutons qu’il ne nous conduise à nous aventurer sur des territoires inconnus » a expliqué le cinéaste.
Né à Nazareth il y a 41 ans, Elia Suleiman a vécu de 1981 à 1993 à New York où il a réalisé ses deux premiers courts métrages, «Introduction à la fin d’un argument» et Hommage par assassinat».
«Intervention divine» est son deuxième long métrage, après «Chronique d’une disparition», première oeuvre très remarquée et qui lui avait valu le Prix du meilleur premier film à la Mostra de Venise en 1996. Samedi, à la veille de la cérémonie de clôture du Festival, son film « Intervention divine » faisait déjà parler de lui. Cette oeuvre avait reçu ce jour-là le Prix de la critique internationale décerné par la Fédération internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) à un film en compétition officielle au Festival de Cannes».
Lorsque Elia Suleiman a reçu sa palme dimanche, il a aussi voulu faire passer un autre message : «si mon film n’est pas montré aux Etats-Unis, je serais très triste car c’est aussi chez moi, a-t-il déclaré. J’espère que les distributeurs ne considèreront pas mon film comme un must pour son contenu politique, mais pour son contenu cinématographique. Il ne s’agit pas d’un reportage».

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