Elles se lèvent tôt et travaillent dur

Elles se lèvent tôt et travaillent dur

Comme en France de Nicolas Sarkozy, Khadija se lève tôt et travaille dur. Divorcée depuis des années, elle élève seule ses deux enfants. Debout à 6 h du matin, elle prépare à la fois son petit-déjeuner et son déjeuner avant de commencer une nouvelle journée de travail dans l’une des nombreuses usines de la zone industrielle de Hay Moulay Rachid, à Casablanca. «Cela fait presque 20 ans que je bosse dans le textile. Je ferme les yeux sur les conditions de travail, les salaires qui stagnent, les week-ends travaillés… pour pouvoir subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants », raconte cette jeune femme qui frôle la quarantaine. «Je ne sais pas comment fêter le 8 mars ni pour quelle raison dois-je le fêter ?», se demande-t-elle. 
Des milliers de femmes comme Khadija partagent cet avis-là. Noyées dans la vie professionnelle, elles «oublient» même qu’elles sont des femmes. «Je suis femme de ménage. Je travaille presque 12 heures par jour. Ma condition est bien meilleure que celle des femmes éboueurs, mais je pense que si j’avais une autre source de revenus, je n’aurais pas accepter cet emploi-là !», assure Aïcha, une jeune femme qui vient de fêter ses trente ans. Elle pense que le 8 mars est «une journée qui nous rappelle que la condition féminine a encore du chemin à faire». «On veut dire par cela les conditions dans lesquelles nous évoluons dans l’exercice du métier. Je parle des horaires tardifs, des affectations dans des endroits périphériques… Je pense qu’il est temps de revoir tout cela !», ajoute sa collègue.  Toutes les deux habitent dans un quartier défavorisé de la métropole. Ce samedi-là, elles comptent partir au hammam pour une séance de relaxation et de détente. C’est d’ailleurs le même plan pour Najat qui travaille dans une boulangerie du centre -ville. «Ma journée commence à 5 heures, car je dois être présente à la boulangerie très tôt le matin. Chaque jour, je sors de chez moi, la peur au ventre, pour prendre le bus pour aller au boulot. Ma journée se termine vers le coup de 18 h et j’ai à peine juste le temps de rentrer chez moi et préparer à manger. Et rebelote !», dit-elle. À travers le monde, cette journée est l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. La tradition veut que des groupes et des associations de femmes militantes préparent des manifestations pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, pour améliorer la situation des femmes. Mais, Khadija, Aïcha et Najat et bien d’autres femmes ne savent pas comment fêter le 8 mars. Elles ne sont ni membres d’une association ni adhérentes à un syndicat ni sympathisantes avec un quelconque parti politique. Leur souhait est de sentir concrètement l’amélioration de la condition féminine. Les slogans et autres paroles de circonstance ne les touchent guère. Tout ce qu’elles veulent, c’est un gagne-pain avec dignité.    

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