Enquête : Les clubs sportifs sont-ils accessibles aux jeunes ?

Enquête : Les clubs sportifs sont-ils accessibles aux jeunes ?

Inscrire son enfant dans un club de sport est parfois très compliqué et relève du parcours du combattant. Si certains clubs sont accessibles, d’autres le sont beaucoup moins. A commencer par les clubs de tennis qui restent réservés à une certaine élite. Pour y accéder, il faut non seulement avoir les moyens financiers, mais répondre à plusieurs critères de sélection. «Le tennis est une discipline qui n’est pas à la portée de bon nombre de familles marocaines. Il faut compter entre 10.000 et 15.000 DH pour les droits d’entrée. A ces frais, s’ajoute la cotisation annuelle qui oscille entre 2000 et 2500 DH par adulte. Pour les enfants, les prix sont réduits de moitié», déclare Ali Bennani, ancien président de l’association des parents de joueurs de tennis. Khalid Afif, directeur technique du tennis national, précise, pour sa part, qu’«il n’ y a pas une règle de base sur les grilles tarifaires, chaque club a un tarif qui lui est propre». En plus de ces frais, l’achat du matériel est à la charge des parents. «Le prix des raquettes varie selon l’âge et le niveau du joueur. Pour un enfant de 5 ans, il faut compter sur 250 DH pour une raquette. Un enfant âgé de 7 à 8 ans devra disposer d’une raquette dite «d’initiation», dont le prix est de 400 dirhams. Pour une raquette de compétition, le montant est de 800 DH. Quant aux balles de tennis, le prix d’un tube de 4 varie entre 60 et 70 DH», affirme M. Afif.
Les parents doivent non seulement payer tous ces frais, mais attendre que des places soient disponibles, comme le souligne M.Bennani: «Les inscriptions dépendent de la disponibilité des places. Chaque club a un quota à ne pas dépasser. Par exemple le RUC (Racing Universitaire de Casablanca) ne peut pas accueillir plus de 900 adhérents. Et par conséquent, il faut attendre que des adhérents quittent le club pour pouvoir s’inscrire». Autre critère obligatoire: il faut être parrainé par deux anciens membres du club. A quand la démocratisation du tennis au Maroc? Le ministre de la jeunesse et des sports, Moncef Belkhayat, affirme que les choses changeront avec la création des centres socio-sportifs de proximité.(CSP) «Le tennis figure parmi les disciplines enseignées au sein des CSP. D’ailleurs le dernier centre inauguré à Kénitra dispose d’un court de tennis. Pour ce genre d’infrastructure, il faut trouver des terrains, ce qui n’est pas toujours évident, surtout dans les grandes villes. Lorsque nous avons lancé ces centres, nous avons testé plusieurs disciplines sportives qui ont donné des résultats satisfaisants. A présent, nous sommes entrain de tester deux disciplines, à savoir le tennis et la natation. Si les résultats sont probants, alors les CSP constitueront une alternative», explique M. Belkhayat, tout en relevant que les jeunes des quartiers défavorisés ont tendance à choisir d’autres sports, notamment le football, le handball et les sports de combat.
S’agissant des CSP, le ministre ne manque pas de préciser que 27 CSP sont ouverts à ce jour et que 75 centres seront inaugurés d’ici la fin du mois de novembre. Pour accéder à ces centres qui disposent d’un panel de sports (football, handball, volley-ball, judo, karaté, boxe, tennis, fitness et aérobic), il suffit de payer une cotisation mensuelle qui varie entre 25 et 75 DH en fonction de l’âge. Depuis leur ouverture, ces centres sont de plus en plus prisés. «Chaque centre accueille en moyenne 800 jeunes», affirme M. Belkhayat. Longtemps considérée comme un sport d’élite, l’équitation est en train de se populariser au Maroc. «De nos jours, l’accessibilité aux clubs équestres est beaucoup plus fluide.Il n’y a pas de critères de sélection pour y accéder. Il suffit de payer les droits d’inscription qui sont compris entre 600 et 1200 DH et une cotisation annuelle de 1000 à 1600 DH y compris l’assurance. Quant au cheval, il est scellé et entretenu par le club», indique Badr Fakir, secrétaire général de la Fédération royale marocaine des sports équestres (FRMSE). Pour le sport le plus populaire qu’est le football, les parents ne trouveront aucune difficulté à inscrire leurs enfants, bien au contraire, les clubs sont très accessibles et ouverts à toutes catégories sociales. «Il n’ y a pas de droit d’entrée à payer. Il suffit de débourser 120 DH pour la scolarité, 100 DH pour l’assurance et 500 DH pour les frais d’équipement», affirme Said Bouzarouata, directeur administratif du Raja. Les tarifs pour la scolarité diffèrent selon les 4 sites de l’école de football du Raja club : Oasis (120 DH), Tessema (60 DH) ,Roches Noires (60 DH) Kahrama (130 DH). «La seule condition pour intégrer les clubs de football est de ne pas être âgé de plus de 13 ans. Près de 1600 enfants sont inscrits à travers les 4 sites», indique M. Bouzarouata. A noter que les inscriptions débutent juste après la rentrée scolaire. Le club élabore un planning en fonction des heures creuses des élèves. Pour ce qui est de la natation, les conditions diffèrent selon les clubs. Pour y accéder, il faut disposer d’une carte d’accès. Contactée à ce sujet, la Fédération Royale marocaine de natation indique que le montant de cette carte est de 850 DH. Il faut aussi payer une cotisation mensuelle dont le prix varie entre 50 et 200 DH. Mais le véritable problème réside dans le manque d’infrastructure comme le souligne Mohamed El Bekri, père de Sara El Bekri, championne marocaine de natation. «La grande majorité des clubs n’a pas de piscine. Prenons le cas de Casablanca, la natation est pratiquée au sein du complexe sportif Mohammed V. Il en va de même à Kénitra et Meknès. A Rabat, la situation est différente. Les clubs de natation ont leur propre piscine. Pour la majorité, ce sont des clubs d’entreprises», relève M. El Bekri. Au problème du manque cruel de piscine, M. Belkhayat précise que 20 piscines semi-olympiques seront créées à travers l’ensemble du territoire national. «Le véritable problème qui se pose est le fait que les communes ne savent pas gérer les piscines professionnelles», note le ministre. Il n’est pas inutile de rappeler que dans le cadre de l’avenant 2011 à la convention d’objectifs 2010-2013 entre le ministère de la jeunesse et des sports et la Fédération royale marocaine de natation (FRMN), la fédération s’est engagée pour une durée de trois ans à mettre à niveau quatre clubs par an et à en créer 12 autres à l’horizon 2012. La FRMN a également prévu de mettre sur pied cinq ligues régionales pour encadrer les clubs, à coopérer avec le ministère de l’éducation nationale pour promouvoir la pratique de la natation scolaire.

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